‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 14 sur 223 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

buissons! ce sont de vieux arbres décrépits; ils ne produisent rien, ou ne portent tout au plus qu'une récolte de glands pour la pâture des pourceaux ^ » Voilà ce que saint Bernard écrivait de son siècle. Nous en dirions autant du nôtre. Et cependant, un siècle après, c'était le grand xiii^ siècle, le siècle de saint Louis !

Ce n'est pas que nous nous flattions de béates illusions : nous ne nous trompons pas de temps. Nous ne nous aveuglons ni sur l'imminence du mal ni sur ses conséquences. Nous savons, nous craignons les obstacles renaissants que la liberté de l'homme a la puissance d'opposer à la bonté de Dieu. Nous voyons les nations frémissantes contre le Seigneur, et son Christ sur la croix. A cette heure, la terre tremble comme elle tremblait à l'heure de l'agonie de Jésus : Terra tremuit, disons-nous avec le prophète; mais, avec lui aussi, nous voulons espérer qu'elle se rassoira, qu'elle se reposera à sa résurrection : et quievit cum resurgeret Dorainus. En effet, entre l'agonie et la résurrection, le Cœur blessé de Jésus peut s'ouvrir de nouveau, l'eau et le sang peuvent en sortir : l'eau pour nous purifier, le sang pour nous vivifier. C'est bien assurément notre unique ressource, mais cellelà est infinie, et lorsque, voyant que « toute chair

i <i Et tu leva oculos considerationis tuée, et vide regiones si non sunt magis siccœ ad ignem quarn albœ ad messem ! Quas mult», quas putas veras fruges, diligenler inspectœ , vêpres potius apparebunt : imô ne vêpres quidem : annosee et veternosae arbores sunt, sed non profeclô frucliforEe, nisi forte glandium aut siliquarum quas porci manducant. » (S. Bernard, de Consideralione , lib. II, cap. vi, n. 12.)

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