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COMMENCEMENTS ET FORMATION DE SOPHIE BARAT

Famille de Madeleine Sophie. — Sa naissance, son baptême. — Son caractère se révèle. — L'intelligence et le cœur de Sophie Barat. — Sa première communion; entrevue du sacrifice. — Son frère devient son précepteur. — Études de Sophie: l'antiquité latine, les langues, les sciences, — la Virgilienne. — Sa réserve virginale. — Sa vocation religieuse. — L'abbé Louis Barat emprisonné à Paris ; ses maîtres dans la prison ; sa délivrance. — 11 est ordonné prêtre ; il emmène Sophie à Paris. — La maison de M™= Duval et le premier cénacle. — Études sacrées. — La direction austère de l'abbé L. Barat. — Les affections de famille ; Sophie pendant ses vacances à Joigny. — Son double attrait vers l'action et la contemplation.

Sophie- Madeleine Barat naquit, à la fin de l'année 1779, dans la petite ville de Joigny, en Bourgogne. On voit encore, à Joigny, dans la rue du Puits -Chardon , la maison qui fut vingt ans celle de la servante de Dieu. C'est une simple demeure de cultivateur et d'ouvrier : en bas, l'atelier du père , avec cette chambre commune où, dans les petits ménages, la mère se tient

tout le jour et s'emploie aux travaux de la vie domestique ; au fond, une petite cour; dans celte cour, un carré planté d'arbustes et de fleurs; en haut, à l'unique étage, la chambre des parents, un peu plus ornée que les autres, avec une chambrette pour les enfants; enfin, au-dessus, tout au faîte, une mansarde, la mansarde qu'a occupée Sophie, sorte de cellule religieuse, retirée loin de tout bruit . mais bien directement ouverte sur le ciel , et d'oi^i le regard se repose sur un horizon d'un aspect paisible ; en face la rue montante de Bourg- le -Vicomte, à droite la vieille église de la paroisse de Saint -Thibault , à gauche les hautes collines qui forment la vallée de l'Yonne et entourent Joigny d'une si riche ceinture. Tel fut le berceau d'une des âmes les plus grandes et les plus nobles de ce temps.

La famille qui l'habitait, à la fin du siècle dernier, était celle de Jacques Barat et de Marie- I\Iadeleine Foufé , époux chrétiens et craignant Dieu , qui vivaient honnêtement de leur état de tonnelier, et de la culture d'un petit patrimoine de vignes situé sur les hauteurs de Sauvilliers et du Larry.

La réputation que Jacques Barat a laissée dans le pays est celle d'un homme de bien, laborieux, patient, portant dans toutes ses relations la franche loyauté des gens d'honneur et de foi. Madeleine Foufé se distinguait par un plus iiaut mérite : c'était une femme remarquable pour sa condition, d'une intelligence élevée et suffisamment cultivée , surtout d'une piété solide. S'il est vrai que sa religion ait été originairement entachée de jansénisme, elle en avait totalement abdiqué le rigorisme ; et le trait (jui, au contraire, la distingue dans

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