‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 160 sur 223 · GRENOBLE EST RECONSTITUÉ · texte numérisé non relu

GRENOBLE EST RECONSTITUÉ

trop d'éclat sur la Société. La fille obéit docilement à sa mère, car les miracles cessèrent immédiatement*.

A la fin du mois de maij la supérieure put être ramenée à Paris. Celle qui s'était crue si près d'atteindre le but n'était encore qu'au milieu de sa course. Elle allait s'y élancer avec une nouvelle ardeur : « Priez et faites prier, écrivait- elle peu après à M"'" Duchesne, afin que j'emploie mieux la vie que le Seigneur vient de me rendre-. » — Il est bon , dit Fénelon , d'aller aux portes de la mort; on s'accoutume à faire ce qu'il faudra faire bientôt. On doit mieux se connaître quand on a été si près du jugement de Dieu et des rayons de la vérité éternelle. 0 que Dieu est grand, qu'il est tout, que nous sommes rien, quand nous sommes si près de lui, et que le voile qui nous le cache va se lever ^ ! »

Nous savons déjà comment M""^ Barat employa les forces qui lui étaient rendues. Nous l'avons vue fonder les maisons de Besançon, de Turin, de Metz, et enfin de Bordeaux, où elle passa Tété de 1825, visitant sur sa route ses filles de PoiLiers et de Niort. Le 28 juillet, elle était de retour à sa maison de Paris. C'est là que, toujours plus humble à mesure que le monde l'entoure de plus grands hommages, elle va compléter l'œuvre de sa Société, en jetant par ses préceptes, et surtout son exemple, les solides assises de l'éducation chrétienne dans le pensionnat de l'hôtel Biron.

' Interrogée un jour sur la vcrilé de ce fait par la mère Desmarquesl, M'"« Baral parut d'abord embarrassée, et garda le silence. Puis, éludant la question, elle répondit que, « de vrai, elle avait désiré voir cesser un concours qui contrariait le bon ordre de la maison de Grenoble. »

2 Paris, 22 juin 1823.

3 Fénelon. LeUre LXXXIX^. Œuvres, t. V, p. 33.

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