SA VIE EST RACHETÉE
de la considération distinguée de votre dévoué confrère ^ »
Le rapprociiement entre la date de cette lettre et le jour de la mort de Dosithée fut un trait de lumière pour M""^ Prévost. Voici en quels termes elle en écrivit à M""" Aude : « Notre mère est aujourd'hui en pleine convalescence d'une maladie de quarante-cinq jours. Nous avons bien failli la perdre ; tout même nous le faisait craindre. Mais Dieu a écouté nos prières, et reçu le sacrifice de la plus jeune de ses nièces, qui, apprenant que sa tante était à la mort, s'offrit au Seigneur pour mourir à sa place, disant qu'elle était inutile à la gloire de Dieu. Elle est morte à Amiens, le 4 mai dernier; et dès ce jour- là même le médecin de Grenoble, qui ne savait rien, a déclaré que la maladie de notre mère était terminée, et qu'il pouvait, pour la première fois, en donner l'assurance^. »
Pendant ce temps-là le Père Varin était en Espagne. L'ancien soldat prêchait des missions à nos troupes au pied du Trocadéro, lorsque ces nouvelles lui furent apportées. Le 29 juin, il était de retour à Paris. Étant venu, ce jour-là, faire visite à ses filles, le serviteur de Dieu les salua par ces mots: « Dieu est bon! mes filles, plus que jamais, aujourd'hui, il faut répéter: Dieu est bon! Quelle parole convient mieux que celle-là, après les grandes épreuves que nous venons de subir? Personne ne les a portées plus douloureusement que moi, qui, à deux cents lieues de vous, vous savais sur la croix; non, vous n'avez pas pu souffrir autant que moi ;
1 Lettre autogr. du docteur Bilon. Arch. du Sacré-Cœur.
2 A M™» Aude. Paris, 18 juin 1823.
il8 HISTOIRE DE MADAME BARAT
mais, au scia de celle souffrance, je rcpélais encore du fond du cœur : Dieu est bon^!... »
Cependant, à la nouvelle du danger de leur mère, M"""' de Charbonnel et Eugénie de Gramont étaient accourues de Paris. Elles aidèrent M""* Barat à conclure les affaires qui l'avaient conduite en ce lieu, ce C'est par une espèce de miracle que je n'ai pas succombé à la peine de voir l'état de la maison de Grenoble,» mandait-elle plus tarda M""* Duchesne-. La môme lettre annonçait que M™* Victoire Paranque était supérieure de celle maison , et qu'il « y avait déjà du mieux pour tout. La bonne mère Thérèse était placée à Quimper, où elle faisait merveille, ne se mêlant ni du temporel ni du pensionnat , auxquels était préposée M""' Olympie Rombau, qui gouvernait bien l'un et l'autre. »
Avant de quitter Grenoble, M"^ Barat se rendit au tombeau de sa fille Aloysia pour lui demander un dernier et étrange service. On se souvient de ses alarmes en apprenant le concours qu'attiraient dans la maison les miracles opérés par cette sainte amie de Dieu. Elle avait entendu, entre autres, le Père Roger lui en faire de rudes plaintes : « Ma mère, qu'est-ce que j'entends dire? Votre Aloysia qui se mêle de faire des miracles! Voilà l'orgueil qui va perdre toutes vos religieuses. » La supérieure s'était excusée en disant qu'elle n'y était jiour rien. Mais le prétendu péril de la chère humilité ne lui laissa plus de repos. Elle alla dune prier la pieuse Ihaumalurge de coupercourt à des prodiges qui jetaient
' Hccueil lies hislrucltous ilti P. l'arin , gros iii->, p. 512. - r.iriîf, îi (It-combro \i>Z\.