‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 201 sur 223 · FONDATION A ROME · texte numérisé non relu

FONDATION A ROME

arrive, le règne de son amour. Ce sont aussi mes vœux pour une Congrégation que j'estime et que j'aime, et dont la prospérité et la propagation font l'objet de tous mes désirs. » Il en donna la preuve. Le Souverain Pontife Léon XII lui ayant fait savoir qu'il souhaitait la fondation d'un pensionnat de filles pour l'éducation de la noblesse romaine, M^ Lambruschini s'adressa au Sacré-Cœur, pressant la mère générale d'enroyer à Rome une colonie de sa Société, car déjà un des plus beaux lieux de la Ville éternelle était désigné pour l'établissement.

Sur le sommet du Pincio, entouré de grands ombrages, et attenant aux jardins de la Villa-Médicis, le couvent et l'église de la Trinité-du-Mont dominent la cité entière. Charles VIII passant à Rome, au lendemain de sa victoire de Fornoue, l'avait bâtie à ses frais pour y établir l'ordre tout récent des Minimes, appelés aussi ermites de Saint-François-de-Paule. Daniel de Volterre l'avait enrichie du chef-d'œuvre de son pinceau, sa Descente de croix. Alexandre Specchi l'avait fait précéder de cette rampe triomphale, au haut de laquelle la sainte Trinité semble trôner dans les cieux. Depuis Charles VIII , la France en avait gardé la possession, et les Minimes, la jouissance. Mais en 1828, le couvent n'ayant plus qu'un seul religieux, Léon XII fit demander au gouvernement français d'en attribuer le bénéfice à l'ordre du Sacré- Cœur pour un pensionnat.

Une lettre du ministre des affaires étrangères, M. le comte de la Ferronnays, en date du 9 février 1828, fit savoir au nonce que ses vœux étaient remplis. Les lettres patentes du roi Charles X portaient que « l'église et le couvent de la Trinité-du-Mont, ainsi que

les bâtiments, jardins et dépendances, seraient remis aux Dames françaises du Sacré-Cœur, dans le but d'y établir une maison d'éducation pour les jeunes demoiselles, avec jouissance de ces biens au même titre que les Minimes français, sans pouvoir les transmettre, aliéner ou échanger pour quelque motif que ce soit^ »

]^|me ]3arat écrivit au ministre pour le remercier, au Pape pour lui offrir les humbles services de sa Société. Léon XII lui répondit par un Bref fort bienveillant, dans lequel il disait: « Comme notre premier désir est que la jeune noblesse de nos Etats soit élevée d'une manière conforme à son rang, et que nous avons jugé que votre Institut est le plus propre à atteindre celte fin, nous avons résolu devant le Seigneur d'inviter quelques-unes de vos religieuses à entreprendre cette œuvre. C'est pourquoi nous souhaitons vivementleur arrivée, persuadé qu'elles élèveront les jeunes filles dans la piété, dans les sciences et les arts qui conviennent à leur condition, et surtout qu'elles les formeront par l'exemple de leurs vertus. En attendant, nous vous félicitons des grands biens que, moyennant le secours de Dieu, vous procurez à votre patrie, et nous espérons qu'avec sa grâce nous verrons les mêmes fruits dans nos Etats-. »

En même temps le Pape lui exprimait son désir, que l'on réservât pour Rome des maîtresses d'élite. Quant à la supérieure, le nonce l'avait désignée à M'"" Barat. Dans l'année précédente, M^' Lambruschini, se rendant à Paris, avait visité le Sacré-Cœur de Turin. Celle qui l'y avait reçu était M"'" Armande de Causans, dont

» l.'Ure du ministre des affaires étrangères. Taris, U février i828. 2 l',ief du 26 mars 1828.

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