‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 42 sur 223 · DIRECTION DU P. VARIN · texte numérisé non relu

DIRECTION DU P. VARIN

supériorité , à l'exemple du Maître qui avait dit à ses apôtres : « Que celui qui est le plus grand parmi vous se fasse le plus petit , et que celui qui est le premier devienne comme le serviteur. »

Un demi-siècle et plus d'exercice du commandement ne devait pas donner un seul démenti à cet engagement de l'humble supérieure.

Le Père Varin avait repris à Paris et en province ses missions apostoliques, mais sans perdre de vue l'œuvre qu'il considérait « comme la plus importante de ses entreprises x. — « Que d'autres, écrivait-il à la supérieure, que d'autres disent, s'ils le veulent : Je suis trop occupé, je n'ai pas le temps d'écrire. Pour moi, je n'admets pas ces raisons par rapport à vous ; parce que je regarde comme une de mes plus précieuses occupations de vous aider à porter le fardeau qui vous est imposé *. »

Il continua donc à la diriger par lettres, — lettres simples et sans art, écrites dans l'ardeur et comme dans le feu du saint combat; et, pour cette cause même, animées d'un souffle incomparable de zèle et de force d'âme. Malheureusement, on n'a conservé aucune des réponses de M"'® Baràt à son guide spirituel, de sorte que lui seul nous reste pour éclairer notre marche dans ces commencements.

La première chose qne nous montre la suite de ces lettres est le principe surnaturel de sa direction. Deux mots la résumaient : courage et confiance ! Telle était sa maxime. Il voulait que l'on commençât d'abord par attendre de Dieu l'inspiration des choses utiles à sa

1 Lyon, 10 novembre 1803.

gloire, et les marques certaines de sa volonté. Mais, cela fait, assuré que le Seigneur est avec ceux qui travaillent pour Lui, l'homme de foi n'hésite plus : courage et confiance ! et il marche en avant. Ainsi se confier en Dieu, ne s'appuyer que sur Lui, mais en allant d'abord jusqu'au bout de ses forces; déployer toutes les énergies humaines, mais en les subordonnant à la toute-puissance divine; s'aider soi-même, certain qu'alors le Ciel nous aidera : tel était pour le Père Varin le sens pratique de ce cri qui allait être le mot d'ordre de toute sa conduite, qui va retentir d'un bout à l'autre de cette histoire, et que M"'"" Barat pouvait déjà lire à chaque ligne de ses lettres.

« Soyez dans la main de Dieu, ma chère sœur, lui mandait-il dès le 21 janvier 1803, soyez dans la main de Dieu, et alors rien ne m'empêchera de vous dire : Soyez fort et vaillant : Confortare et esto robustus. Il faudrait rohusta, direz-vous? Mais c'est à dessein que je fais ce solécisme, car je ne vous veux plus au féminin ; et c'est pourquoi j'ajoute encore avec le saint Livre : « Soyez « homme : esto virK' »

Dans la semaine suivante, il lui disait de même : « Continuez, avancez, vous êtes dans le véritable chemin. Souvenez-vous que ce n'est pas vous qui vous êtes jetée dans la voie où vous êtes. Si donc, ma chère sœur, c'est Dieu qui vous y a mise, marchez avec confiance, et que rien ne soit capable de vous intimider ». »

« Le Seigneur demande de vous une confiance plus qu'ordinaire, lui écrit-il de Paris, deux jours après. Nous n'avons en ce monde qu'une seule prélenlion ,

• l'aris. il jaiivitr 1WI3.

^ l'.iris, 2'.' janvier I8(i3.

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