UNION DES DEUX FONDATRICES
nous n'avions préparé que par nos désirs, et que nous espérons voir subsister pour la gloire de Dieu*. » Ce n'était pas assez dire. Sans doute personne alors, pas même M™' Duchesne, ne pouvait voir au delà. Mais, dans la réalité, c'était plus qu'une famille que Notre- Seigneur venait de donner à la Société , c'était un nouveau monde dont la clef était cachée dans ce sanctuaire. « En même temps, écrit une des contemporaines, il se forma entre les cœurs de M"'^ Barat et de M'"° Duchesne d'admirables liens, comme votre amour seul sait les former, ô mon Dieu * ! » Ineffables amitiés des saints! Nous ne serons pas étonnés que l'histoire du Sacré-Cœur en offre de nombreux exemples, puisque le Cœur de Jésus est la terre où elles naissent, croissent et s'éternisent. Celle-ci survivra à tout. Les mers et les îles mises entre ces deux femmes ne les désuniront pas. C'est une de ces flammes fortes qui n'ont rien à craindre du temps et de l'espace , et dont l'Ecriture dit que « les flots de TOcéan ne sauraient les éteindre. » Lampades ejus, lampades ignis atque flammarum , aquœ inultœ non potuerunt extinguere charitatem ^.
1 Journal de 1804 à 1813, p. 1.
2 Récit de la mère Thérèse, p. 63,
3 Cantic. viii, 6, 7.