L'APOSTOLAT DES PÈRES DE LA. FOI
reux l'homme qui a entendu la voix des saints! Heureux le peuple qui a entendu l'éloquence rachetée par le sang de Jésus-Christ M »
En même temps des collèges pour l'éducation de la jeunesse étaient fondés par eux à Amiens, à Gand, à l'Argentière près Lyon, à Montmorillon près Poitiers, à Marvéjols, à Bazas, à Belley. C'était à ce grand ouvrage du renouvellement religieux par l'éducation que se rattachait l'institution des filles du Sacré-Cœur. Aussi était-ce toujours l'œuvre principale pour le Père Varin , ainsi qu'il le disait à M'"® Baral : « Quand on se fait vieux, on devient paresseux. Je puis dire cependant que le zèle qui m'anime pour vous et votre famille me rend toujours de nouvelles forces, et ne saurait s'éteindre qu'avec mon dernier soupira »
Mais ce zèle infatigable, la police impériale menaçait de le paralyser. Dès 1804 , un décret préparé par le ministre Fouché allait disperser les Pères de la foi, quand un mémoire incisif ,, rédigé par le Père Varin, et présenté à l'Empereur par le comte Portalis , suspendit le coup de la foudre prêt à éclater. Toutefois la menace subsistait ; et dans l'état présent des affaires du Sacré-Cœur, si le fondateur était éloigné, tout manquerait avec lui. Il était donc urgent d'assurer à la petite association son gouvernement propre , avec les éléments constitutifs de sa vie.
Pour des raisons différentes, M'""' Barat souhaitait que des règles écrites reliassent entre elles les maisons de sa Société. Elle s'en était entretenue avec le Père Varin, qui lui répondait ainsi le 22 septembre de cette année 1805 :
1 Le P. Lacordaire, Panégyrique du bienheureux Fourier.
2 Vichy, 9 juin 1806.
« Puisque vous me parlez confidemment du désir que vous avez que je m'occupe de mettre par écrit certaines réflexions qui vous regardent, vous et votre famille; oui, je ferai comme vous le dites. J'en ai eu déjà la pensée, et il y a peu de jours que j'y pensais encore. Nous en reparlerons; et si c'est la volonté du Seigneur, vous prierez pour moi, et il m'aidera. »
Quelques semaines après, la profession religieuse des novices de Sainte-Marie amena naturellement l'évêque de Grenoble à demander le texte des constitutions. Avant d'admettre les sœurs à prononcer leurs vœux, M^ Simon voulait connaître la teneur de leurs engagements. Mises ainsi en demeure de produire leurs règles les mères Barat et Duchesne lui adressèrent un mémoire qu'il importe de citer, car l'institut est déjà tout entier dans ce germe.
« Monseigneur, disait cette pièce, nous venons mettre entre vos mains nos projets, nos désirs et notre bonheur. Nous venons avec confiance, car il nous semble que nous ne voulons que la gloire de Jésus-Christ, et notre félicité en lui seul. »
Après un court exposé des débuts de la Société, le Sacré-Cœur s'excusait de n'avoir pas encore de Statuts écrits. S'appuyant sur ce principe que, dans la fondation de toute société, si on la veut durable, l'esprit doit précéder et inspirer la lettre , l'expérience les règles, et les mœurs les lois, la supérieure disait : < La brièveté du temps et la nécessité de nous instruire par notre propre expérience, ne nous ont pas permis jus- (lu'ici de rédiger par écrit le plan et les règles de notre association. Ayant sans cesse devant les yeux !«' but vers lequfîl nous tendons, et Tespril (pii doit nous ani-