FRUITS DE LA CONTRADICTION
Les instructions qu'y joignit le préfet de la sacrée Congrégation, le cardinal Ostini, ménagèrent la transition entre les deux régimes. Il ne resta plus de cet orageux conflit que cette émotion des flots qui rentrent dans leur lit après une tempête.
Tout y avait gagné. L'âme de M'"® Barat y reçut un dernier baptême, un baptême de feu, si ce nom peut être donné à l'épuration de l'amour dans une grande souffrance. « Il semble, a dit quelqu'un, au souvenir de ce temps, il semble que le Seigneur ait agrandi pour elle la mesure de douleur qu'il peut être donné à un cœur d'homme de contenir. » Ce fut une douleur féconde. En atteignant son âme dans ce qu'elle avait de plus cher, en brisant des attaches faites de piété et de tendresse, en mettant l'œuvre de sa vie en un péril mortel, cette suprême épreuve acheva sa vertu et consomma sa sainteté, selon cette belle parole de saint Vincent de Paul : « La patience , l'abnégation , l'embrassement de la croix, voilà la grande leçon que nous donne le Fils de Dieu; ceux qui l'apprennent bien et qui la gravent dans leur cœur sont de la première classe à l'école de Jésus-Christ. ;>
La Société y gagna de se voir affermie dans ses Constitutions : « Ah! qu'elle a été près de sa ruine, écrivait la mère supérieure, et cela uniquement pour ne s'être pas entendu, avec les meilleures intentions du monde. Mais, croyez-le, ma fille, le plus sûr sera toujours de soutenir l'autorité; les meilleurs motifs contre, Dieu ne les bénit pas. Il a permis ces choses pour donner de l'expérience à la Société '. » En effet, ce qui ressort de
i A M"" du Rousier, 18 mars 1843.