‹ Histoire de Madame BaratChapitre 113 sur 311 · LA PACIFICATION · texte numérisé non relu

LA PACIFICATION

lecteur vint dire à la supérieure de la Trinité-du-Mont, M""® de Coriolis, ce qu'on avait cru faire pour le bien de la paix: « Nul doute, répondit celle-ci, que nous n'ayons cette paix. Celles dont cette décision contrarie les désirs sont de bonnes religieuses. L'obéissance au Saint-Siège sera leur première loi! » Toutes se soumirent en effet. Une assistante cependant se démit de sa charge : ce fut la mère de Limminghe. Ayant entendu M*^ Matthieu lui dire que la mère générale était autorisée, dans l'intérêt commun, à recevoir les démissions qui lui seraient offertes, elle crut y voir l'invitation de présenter la sienne. La supérieure essaya de la détromper; mais déjà l'assistante avait donné à sa démarche un éclat qui la rendit forcément irrévocable. Combien le cœur de M""° Barat en gémit ! M""® de Limminghe , maintenue dans toutes ses autres charges, n'en resta pas moins dans la Société, jusqu'à la fin de ses jours, l'amie, la confidente, la fille toujours chère de la mère générale ; et, devenue octogénaire, on l'entendait répéter : « Dieu a permis cette erreur de ma part pour me punir et pour me détacher. Imparfaite comme je le suis, je mêlais sans doute quelque chose de trop naturel à mon affection pour notre première mère. Dieu m'a punie par où j'avais excédé sans doute : qu'il en soit béni' ! »

M""" Galitzin fut tentée de l'imiter. Mais après examen elle reprit ses fonctions, et, malgré les souffrances d'une fièvre continue , ne songeant qu'à sa mission de victime volontaire , elle s'offrit aussitôt à aller en Amérique remettre l'Institut dans son ancienne forme. « Grâces à Dieu, écrivait alors M'"^ Bar-at, l'esprit de la

1 Noies de la mère Lehon, d'après la mère de Limminghe. Doc. 48.

Société est bon. Notre bon Maître permet que toutes les intelligences ne saisissent pas de même les choses; mais son divin Cœur les ramènera toutes à la conformité des sentiments '. » Cette conformité devint bientôt unanime. C'est un fait inouï, et dont il faut chercher la première cause dans la prudente bonté de M""^ Barat, qu'une Société, répandue dans l'un et l'autre monde, ait subi pendant quatre ans un tel ébranlement sans avoir perdu ni un seul établissement ni 'une seule religieuse.

La mère générale en fit éclater sa reconnaissance 'envers le Souverain Pontife : « La Société lui doit la vie, » répélait-elle sans cesse; et le 20 avril 1843 : « Ah ! devenons donc la consolation de notre Saint- Père par une vie bien religieuse et toute d'amour pour Jésus. Nous le lui devons bien, n'est -il pas vrai, ma fille-? »

Dans le but de l'union, M"*® Barat visita , en juillet et août, les maisons de Nantes, Tours, Autun," Besançon, Montet. Elle fut aussi en octobre à Beauvais et à Amiens. « Il me semble, disent ses notes, qu'il en est résulté quelque avantage pour la Société ^ »

A quelque temps de là, le cardinal Pedicini étant venu à mourir, le cardinal Lambruschini consentit à accepter le titre de protecteur de la Société , dont il était déjà le plus solide appui : « Vous y perdez, disaitil lui-même spirituellement. Si vous eussiez choisi un autre prolecteur que moi, cela vous en eût fait deux. » Cette nomination assurait d'avance l'observation fidèle et prudente des décisions de la commission de Rome.

» A M"" tiii U'tusier, 29 mars Wtd.

2 A M"" Emma di- Bouchaud. 20 avril.

3 It. A M"" ilii Hou-^icr. (".ond.nis, 2 sept. is'i:!. 2(t ^0|.l. .1 21 ocl.

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