CHAPITRE III
FONDATIONS EN EUROPE , AFRIQUE ET AMERIQUE VISITES DE M""® BARAT EN ANGLETERRE , FRANCE ET ITALIE
Développement de la Société durant la crise. — M">eGalitzin en Amérique.
— Fondations à New-York. — Noviciat à l'île d'Astoria. — M"'» Duchesne aux Potowatomies de Sugar-Creek. — Fondations à Mac-Sherry's town, au Canada, à Saint-Jacques de l'Achigan. — Mort de M'"<= Galitzin. — Fondation à Alger ; maison de Mustapha. — Fondations en France : maison de La Croix, à Laval ; fondation à Montpellier; M""= de Mandon, supérieure; maison de Nabécor, à Nancy. — Fondations en Italie : Saluées et Padoue. — Fondation en Autriche, Lemberg. — Fondations en Angleterre et en Irlande. — Amour de M™" Barat pour la Grande- Bretagne. — M""" Goold, M'"« Croft. — Maisons de Roscrea et de Berry- Mead. — Essai à Cannington. — Visite de M"' Barat en Angleterre. — Esprit de ses fondations. — M"" Barat assiste la mère Ducis mourante.
— Sa visite dans le Midi ; sa maladie à Aix. — Sa visite à Gênes, San- Pier-d'Arena. — M™» Barat à Rome, à la Villa-Lante; elle assiste M™' O'Mahony; M™« Barat à la Trinité; sa chèvre fidèle. — La fresque de Mater admirabilis. — Adieux de M™» Barat à Grégoire XVI. — Visite du Pape à la Villa-Lante. — Retour; rencontre des Pauvrettes d'Assise.
— Visite à Saint -Elpidio; l'Adriatique. — Pèlerinage à Lorette. — La Casa-Santa. — A Turin, M"»'= Barat apprend la mort de son frère, — A Lyon , elle pleure la mort de la mère Geoffroy. — Sa première visite à Kientzheim. — Retour à Paris. — L'affermissement général de la Société.
La crise que nous venons de traverser n'avait pas arrêté le zèle de M"'° Barat ni le progrès continu de sa Société. D'un esprit aussi libre que si elle n'avait pas
souffert une angoisse mortelle, la supérieure générale étendait sa sollicitude aux besoins de toutes les âmes, comme à toutes les conquêtes de l'Ordre qu'elle gouvernait. Ainsi, deux faits remarquables remplissent celle période et en consolent les tristesses : jamais le Sacré- Cœur ne fit autant de fondations dans les deux mondes; jamais M'"* Barat n'inspira un plus saint et plus doux amour de Dieu à l'âme de ses filles, particulièrement au noviciat. Nous en ferons le sujet de deux chapitres.
Dans ces dernières années, les demandes de fondations arrivaient si nombreuses que l'on n'y pouvait suffire : « Combien je souffre, écrivait la mère générale dans une circulaire de 1839, d'être obligée de dire non aux propositions qui me reviennent sans cesse de l'Amérique, de l'Asie, de l'Afrique et de tous les royaumes de l'Europe. Nous ne méritons pas sans doute que Notre-Seigneur nous confie ces grandes missions : il faudrait être des saintes : travaillons à le devenir, et Jésus, se laissant vaincre, pardonnera le passé et bénira l'avenir'. »
Commençons par l'Amérique.
Après dix ans de langueur, la mission du nouveau monde entrait dans une phase nouvelle. M'"^ Galitzin nommée assistante générale de cette contrée , à la place de M"'° Aude, dès lors très-souffrante, s'y était rendue une première fois dans la fin de juillet Ij^iO, avec ces instructions de la mère supérieure : a Ma chère mère et lillc, de grandes croix vunl limiter sur vous; mais cependant, ne quittez pas la confiance en Dieu. Priez, et tenez-vous j)rès de son divin Ccnur;
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