‹ Histoire de Madame BaratChapitre 206 sur 311 · II · texte numérisé non relu

II

elle apprit que, la veille de ce jour, la mère Thérèse Maillucheau était retournée vers Dieu.

M""^ Barat lui disait dans la dernière lettre qu'elle lui écrivit : « Chère Thérèse , le Cœur de Jésus consume toutes nos misères dans sa fournaise d'amour. Aimons et faisons tout ce que nous voulons , car alors nous ne ferons que la volonté de l'objet aimé. J'espère, ma bonne et vieille fille, que je vous reverrai encore une fois avant de quitter cette terre, et que nous parlerons des miséricordes de Celui qui a tant fait pour nous*. »

Elle ne la revit plus. La mère Thérèse disait d'ellemême : « Il me semble que déjà je vois, je louche, je possède ces biens qui nous sont promis ^ ». Elle expira sans effort, tout absorbée en Dieu, semblable, — c'est une de ses comparaisons, — au pilote, qui, immobile, les yeux fixés seulement sur la côte où il va aborder, n'écoute rien , ne répond à rien de ce qui pourrait le distraire de son unique but^

]^me garât allait avoir soixante-dix- huit ans. Voulant prendre congé de ses maisons du Midi, elle écrivit aux supérieures et aux mères vicaires de se réunir à la Ferrandière, où elle devait se rendre.

Elle y arriva le soir du 28 septembre. On lui montra les désastres récemment causés par l'inondation : « Mes bonnes filles, répondit- clic, saint Paul a écrit que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu. Ainsi , que le Seigneur affiige ou console, béni soit le Seigneur! » On avait obtenu pour elle la permission de garder le saint Sacrement dans une petite tribune, voisine de sa

t Voir ses lettres à M"" de Kérouarlz, et notes sur la mère Thérèse, cali. in-8" (le ÎJG pages.

2 Paria, 23 juin 185:'..

3 Lettre du If. m.ii IH/J.

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