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CHAPITRE IV

DIRECTION EXTERIEURE DE M™° BARAT — DEUX DE SES ELEVES DANS LE iMONDE

Fidélité de M'"= Barat à ses anciennes élèves. — Son affection pour ^f me de la Grandville. — Déceptions de la comtesse. — Ses périls. — Ses confidences à M"<= Barat. — Cette mère la plaint et la dirige. — Elle la détache du monde et l'attache à son foyer. — M""^ de la Grandville tombe malade et voyage en Italie. — Prières et conseils de M""-' Barat. — Elle la soutient dans des dangers pressants. — Elle lui fait entendre la voix du cœur, la voi.x de la conscience , la voix de la douleur. — M'^i^ Barat la lance dans les œuvres de charité. — M™= Barat visite ses établissements charitables.— M""' de la Grandville trouve la paix en Dieu, — Dernière leUre et adieu de M™* Barat à la pieuse comtesse.

— Autre exemple de la direction de M™« Barat. — Elle adopte une fille inconnue. — L'orgueil de Julia. — M™« Barat se dévoue à son salût. — Elle cherche à éveiller en elle la conscience. — Elle essaie d'y mettre l'amour de Notre-Seigneur. — Elle envoie et protège Julia en Amérique. — Elle lui continue en France sa protection, ses secours.

— Elle l'arrache aux périls du monde. — Mariage de Julia. — Nouvelles luttes et douleurs de M'"'= Barat. — Dernière lettre et adieu à cette âme toujours chère. — Mort chrétienne de Julia.

L'action de M""® Barat ne se renfermait pas dans l'enceinte de ses cloîtres. Elle ne se bornait pas même à la direction de ses pensionnats et de ses écoles d'enfants. Suivant ses élèves au delà de leur éducation, la supérieure générale restait leur mère quand même, et deux exemples éclatants vont nous faire voir, dans un saisissant, contraste, un nouvel apostolat de cette

charitable mère : celui qu'elle exerçait parmi ses anciennes élèves dispersées dans le monde.

Nous avons déjà nommé, au commencement de celte histoire, Caroline de Beauffort, une des premières élèves de la maison d'Amiens. Nous l'avons retrouvée ensuite, mariée, et devenue comtesse de la Grandville, établie à Lille, et secondant dans la Flandre les entreprises de zèle de M""" Barat. Depuis le jour où. l'enfant avait quitté le pensionnat de l'Oratoire, la mère générale ne l'avait pas perdue de vue : « La seule bonne qualité que l'on me reconnaisse, lui écrivait sa fidèle maîtresse, est la constance dans mes affections. Je crois qu'elle est d'autant plus vraie que je ne l'accorde intimement qu'à peu de personnes. » Et dans une autre lettre, donnant la raison surnaturelle qui lui rendait si chère cette ancienne enfant, elle lui écrivait: « Pourrions-nous jamais oublier une élève du Sacré-Cœur qui veut se sauver, à quelque prix que ce soit, et devenir une sainte? »

Mais de grandes tentations, d'inexprimables angoisses, ne lardèrent pas à compromettre la félicité et menacer le salut do la jeune comtesse. Ce fut pour la soutenir, la fortifier dans le combat, la consoler dans l'épreuve, que M'"" Barat entretint avec elle une correspondance de plus de quarante années qui nous semble être le chef-d'œuvre du cœur comme du style de la servante de Dieu.

Tant ([u'olle avait vécu ilnns la maison de son père, le niar(juis de Beauilorl, maire de la ville de Nancy, cl sous l'aile de sa mère, Léopuldine de Merodc, la jeune Caroline, entourée, appréciée, adulée par une société d'élite, n'avait cciil (pie de loin en loin à M""' Barat:

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