‹ Histoire de Madame BaratChapitre 268 sur 311 · SES COMMUNIONS, L'ACTION DE GRACES · texte numérisé non relu

SES COMMUNIONS, L'ACTION DE GRACES

Sainte Thérèse a dit : « Quand vous avez communié , fermez les yeux du corps et ouvrez ceux de l'âme : vous y trouverez le ciel. » Il arriva plus d'une fois que; pendant cette heure céleste, M"'" Barat fut comme transportée hors d'elle-même. « J'avais beau l'appeler, l'avertir, la toucher même, rapporte une de ses filles, elle me regardait bien avec les yeux ouverts, mais elle ne me voyait pas. Après un long intervalle, elle me dit comme revenant de loin: « Ah! vous voilà, ma , « chère. . . Oui, il faut le quitter pour aller le servir : c'est « quitter Dieu pour Dieu^ » Il semblait à quelques-unes que dans cette heure sacrée elle était comme revêtue de la lumière de gloire. « Me trouvant un matin dans la chapelle des Feuillantines, raconte une des probanistes, j'entendais notre mère qui, se croyant sans témoin , envoyait vers Noire-Seigneur des paroles enflammées. A la fin, s'élant aperçue de ma présence, elle me demanda si on avait sonné la fin de l'action de grâces... On l'avait sonnée depuis trois quarts d'heure. Alors elle me donna l'ordre de fermer les fenêtres. Je me levai, j'allai fermer, mais j'observai que, tandis qu'au dehors le temps était absolument couvert, au dedans de la chapelle je ne sais quelle clarté environnait notre mère. Son ordre n'avait eu d'autre but que de me donner le changea »

C'est à de telles heures surtout que, sollicitée par « l'attrait du divin abîme » , comme s'exprime sainte Angèle, elle se plongeait dans les profondeurs de ce « Dieu inconnu », dont la bonté la ravissait, et qu'elle sentait ces transports véhéments, dont saint Augustin

1 Tém. de M'"'= Anna de Lommessem, n. 56.

2 Tém. de M"" Jenny Lazerme, n. 128.

parlait ainsi : a Vous me faites entrer, Seigneur, dans des sentiments d'un ordre tout nouveau, et vous me communiquez je ne sais quelle douceur qui, si elle atteignait en moi toute sa puissance, toucherait à quelque chose qui ne serait plus de cette vie'. »

Toutes les dévolions de M'"" Barat se subordonnaient à l'amour de Dieu. Elle ne voyait que son Co3ur dont elle était l'épouse, mais elle ne séparait pas le Cœur ' sacré de Marie de celui de Jésus. Nous avons vu son culte pour la Mère de Dieu. « Vous considérerez Marie comme votre supérieure, disait-elle à ses filles, et quand l'obéissance vous paraîtra pénible, vous l'adoucirez par cette pensée : J'obéis à Marie. » C'est elle qui a dit cette parole admirable : « Le Cœur de Marie est le palais où se tiennent les assises de la miséricorde. » Elle avait pour elle une tendresse d'enfant : chaque soir, ayant dit le chapelet, le Memorare, le Salve Uegina, elle vénérait et baisait à plusieurs reprises une petite statue de Notre-Dame de la Guadeloupe, don du Père Druilhet, et s'en faisait bénir en posant sur son front les mains de sa madone*. Elle dcmanda't de même la bénédiction de saint Joseph. Elle disait à Marie son cantique de prédilection :

Je mets ma conliance Viergo en voire secours.

Puis Jésus, le chcri, ainsi qu'elle l'appelait, avait sa dernière prière: «Mon Jésus! miséricorde! » disaitelle. Elle s'endormait ainsi, sous la bénédiction de la sainte l'amille tout entière.

« " Intnimiltis inc in alVorlum mullarum iniisilaluni inlrorsus, ad iiCEcio (|iiain dulccilincm; qu.i- si iicrficialur in me, noscio qui<l eril (|u<kI vil.-i islo non frit. •■ (.ti<;/., lib. X. Confesit., c.-ip. xi..)

^ Tt-HK <l<" siiiir \ichirini' (jodt'frny. l>,>r. n. Vt.

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