HOMMAGES RENDUS A SA SAINTETE
faits qui, souvent renouvelés, sont maintenant soumis au jugement de l'Église. Nous remarquerons seulement que les personnes gratifiées de ces faveurs de la sainte mère étaient ou des sœurs coadjutrices, ou des pauvres, ou des enfants, comme si M""" Barat avait conservé, jusque dans la gloire, les humbles prédilections qu'elle avait eues en ce monde.
Le dernier jour de mai, M^' Parisis, fidèle jusqu'au bout, voulut payer son tribut de vénération à la sainte fondatrice. Dans un paternel et simple épanchement avec les religieuses de la maison mère, il osa dire que sa vie avait été un des grands événements de ce siècle, comme l'avait été, à une autre époque, la vie de saint Dominique, de saint François d'Assise, de sainte Catherine de Sienne et de sainte Thérèse. Il raconta ensuite l'origine de son oeuvre, ses développements, ses fruits. — Au sortir des mauvais jours de la Révolution, aucun asile ouvert à la jeune fille chrétienne, plus d'éducation, aucune instruction, nulle piété profonde. Alors Dieu suscite une femme, la plus humble, la plus faible, la plus inconsciente de son propre mérite, qui opère son œuvre sous la dépendance divine, à la manière des saints. Bientôt l'éducation des femmes est transformée ; le bienfait s'en répand de la France à l'étranger, de l'ancien monde au nouveau ; de nouvelles congrégations, émules dans la même œuvre, se modèlent sur le même type. Le type primordial, divin, c'est le Cœur de Jésus ; et partout les sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, mieux connus, mieux aimés, préparent la régénération de la famille chrétienne. — « Quelle œuvre! s'écriait l'évêque. Quelle gloire pour votre mère! Quel triomphe l'attendait dans le bienheureux
séjour OÙ tant d'âmes qui, après Dieu, lui doivent leur salut, sont accourues au devant d'elle, et l'ont reçue avec transport ! »
M"^ l'évêque d'Arras concluait cet éloge en émettant trois vœux : le premier était que l'œuvre de M""" Barat fût maintenue intacte dans sa Société ; le second était que son esprit y fût toujours vivant; le troisième était que sa vie fût conservée et transmise dans une histoire fidèle, appelée, disait-il, à procurer une grande gloire à Dieu et un grand bien spirituel à la Société.
Celte histoire, voici que nous l'avons terminée. Répondra-t-elle au vœu exprimé par le pontife? Répondra-t-elle à l'image que cette sainte figure a laissée dans le cœur de ceux qui l'ont vue de près? Nous n'osons l'espérer; car nous-mème que de fois, depuis que nous l'éludions, avons -nous ressenti douloureusement l'impuissance d'égaler la peinture à la réalité! Telle qu'elle est, du moins, puisse cette vie apprendre à un siècle de doute que l'âge des saints n'est pas fini. Puisse-t-elle surtout inspirer a un grand nombre de chrétiens le désir de l'être, en leur montrant quels trésors de générosité, d'humilité et de grandeur on trouve dans l'adorable Cœur de notre Dieu! Si ce livre produit de tels fruits, nous en aurons reçu la meilleure des récompenses. Que si, à ce premier vœu, nous en joignions un autre, ce serait celui de voir le jour où ri^glisc placerait l'épouse de Jésus- Christ sur ses autels, et où, nous permettant de changer en culte notre vénération, elle n)ettiait sur nos lèvres les paroles qu'elle chante dans rolfice des vierges : i^pouée fin Christ, le fioi dit ciel a aime votre beaulr; rous rtc.-i enlrre mainlrnanl dans so)i parculis , escortée par ses