L'ACTIVITÉ DE SON ZÈLE
le 15 juin à M™^ Aude, qu'il m'en a coûté de m'arracher de cette chère petite famille de Saint- Joseph, qui me devient plus chère depuis que je l'ai vue de près ! Dites-le-lui. J'ai trouvé dans toutes de si heureuses dispositions à l'esprit religieux et particulièrement à celui du Sacré-Cœur, que la pensée m'en est un soulagement dans mes peines. »
Une succession de visites à Aix, Avignon, Annonay, la P'errandière et Chambéry, conduisit M*"® Barat jusqu'au milieu d'août. Le 17, elle arriva à la solitude de Montet, et là elle suspendit pour quelque temps ces courses qui nous ont fait voir à l'œuvre une activité que n'arrêtent ni maladies, ni éléments conjurés, ni séditions, ni périls, ni fleuves, ni montagnes. Comment, se demande-t-on, une créature si frêle, une santé si chancelante, pouvait-elle suffire à ces travaux dévorants? C'est le secret de Dieu. «C'est Lui, dit le prophète, c'est le Seigneur qui, servant de soutien au plus faible, le remplit d'énergie et multiplie ses forces. La fleur de l'âge s'épuise, la jeunesse défaille. Mais ceux qui espèrent en Dieu recevront de lui des énergies renaissantes; ils ftrendront les ailes de l'aigle, ils courront, ils voleront, et rien ne les lassera; ils iront partout, et rien ne les arrêtera'. »
Nous allons voir maintenant la supérieure générale résider tour à tour, dans ses maisons de Montet, de Rome et de Paris, au milieu de ses novices qu'elle
1 « Dominus est qui dat lasso virtutem et his qui non sunt fortitudinem et robur muitiplicat. Déficient pueri et laborabunt, et juvenes in infirmitate cadent. Qui autem sperant in Domino mutabunt forlitudinem, assument pennas sicut aquilœ , current et non laborabunt, ambulabunt et non déficient. » (Isaïe, xl, 29-31.)