‹ Histoire de Madame BaratChapitre 50 sur 311 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LE NOVICIAT DE MONT ET De août à octobre 1836.

Montet et sa solitude. — M. Tabbé Pieau. — Les Pères d'Estavayer. — La retraite prôchée par le P. Varin. — M™' Henriette Coppens. — Ses instructions et récréations. — La Thébaïde, Manrèze. — Les promenades au Thabor. — M-»* Barat parmi les novices. — La retraite. — Les novices de Monlet, Clémence Caumont. — Les trois sœurs de Nicolay. — Les trois sœurs de Bouchaud. — M-"» Joséphine Goetz. — La sœur Elisabeth (Pauline de Saint-André). — M"- Barat à Turin.— La sœur Elisabeth est admise aux vœux. — Fondations à Nantes , à Tours, à Pignerol.

Montet, que .M""" Barat venait visiter pour la troisième fois, était, depuis près de quatre ans, sous la direction de W° Henriette Coppens. Le jour du départ de M""" de Chai^bonnel, qui la laissait supérieure, le 11 septembre 1832, M'"'' Henriette avait passé la matinée entière devant le tabernacle , inondant littéralement le pavé de ses larmes : « 0 mon Dieu! mon Dieu, disaitelle, en regardant sa famille de novices, que voulezvous que je fasse avec de si petites enfants?... — Eh! bien , ma mère, nous grandirons, » lui répondirent ses filles. Elles tinrent parole.

Le noviciat de IMonleL a laissé dans la mémoire de toutes celles qui l'ont habité une empreinte que l'on retrouve, aujourd'hui encore, vivante dans tous les cœurs. Cachée dans les montagnes, ensevelie dans la neige pendant la moitié de l'année, la petite famille passait parfois six mois entiers sans une visite du dehors. ■Le prix de la pension de quelques élèves, peu nombreuses mais choisies, faisait vivre, tant bien que mal , la pauvre communauté. On avait aussi une école gratuite pour le village. On travaillait, on bêchait, on sarclait le jardin : il fallait se suffire par soi-même et se contenter de peu.

L'aumônier était, depuis la fondation, M . l'abbé Pieau , homme d'une profonde piété , d'une grande science ecclésiastique, d'un dévouement à toute épreuve, mais aussi ignorant des choses de la vie qu'un savant peut l'être. 11 parlait facilement , bien qu'avec une trop grande pompe oratoire. Un jour, la mère Henriette lui en fit la remarque : « Vos sermons sont fort beaux, monsieur l'abbé, lui dit- elle; mais ce qu'il faut à de simples filles comme nous, c'est qu'on les entretienne tout simplement de Dieu et de leurs devoirs. » M. Pieau le comprit. Plein d'une juste confiance dans ]\I""' C'.oppens, il se fit même son disciple dans la vie intérieure, et à partir de ce jour il produisit de grands fruits dans le noviciats

L'évêque de Fribourg, M*"^ Tobic Ycnni, venait souvent visiter, exhorter, bénir ses filles du Sacré-Conir. C'était un homme d'une grande mansuétude, d'une grande onction de parole : il rappelait saint l'rancois

1 V. Lrllri's imniicUi-s dr JS-JO, p. lit.

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