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Il y a des traits qui s’appliquent indubitablement à Louis XY et à la favorite, comme ceux-ci :
Il vous souvient encor de cette tour de Nesle,
Mivintille, Lymail, Roux château Pciporndour ;
Mais dans la foule enfin, de peut-être ceut Belles, Qu’il honora de son amour,
Vous distinguez, je crois, celle qu’à notre Cour
On soutenoit n'avoir jamais été cruelle.
La bonne pâte de femelle!
Combien d’heureux fit-elle dans ses bras!
Qui, dans Paris, ne connut ses appas?
Du laquais au marquis chacun se souvient d’elle.
Ces vers heureux et d’une tournure assez leste ont fait croire qu’ils étaient de Voltaire. Il n’y a que ce passage qui soit digne de lui : le surplus est lourd et insipide, ce qui suffirait déjà pour détruire cette paternité prétendue, mais il y a des-vers comme celui-ci :
Connois ce qu est écrit au Livre du Destin.
Voltaire n’a jamais écrit de ce style, jamais il n’a eu cette prosodie grossière et incorrecte.
Quel fut le résultat de cette campagne? Le roi logea madame du Barry à Versailles ce qu’il n’avait pas encore osé faire !
C’était le résultat de ces attaques frivoles et maladroites qui remontaient jusqu’à la personne du roi et piquaient son amour propre « Le déchaînement est affreux, écrit Louis XV à M. de Choiseul, et à tort pour la plus grande partie... » en même temps il prévenait les du Barry qu’il était prêt à les défendre, ce qui n’eût pas eu lieu, si l’on n’avait pas exagéré contre eux les accusations outre mesure. Madame de
ORIGINE DE LA LIAISON
Gramont partage avec son frère la responsabilité de cette faute, on dit même qu’elle en serait la première coupable, il y a eu à coup sûr des querelles defemmesen tout ceci, madame de Gramont peut avoir poussé son frèreànepas céder, maisnous croyonsque c’estsurtout par des raisons d’état, de rivalité ministérielle, de stratégie politique qu’il faut expliquer la conduite du duc de Choiseul. Quoi qu’il en soit son but fut manqué complètement : l’année 1768 se termina sans qu’il eut renversé la favorite, bien plus il n’avait fait que consolider son crédit. Le mémoire suivant en offre la preuve.
Extrait d'un mémoire de fournitures faites à madame la comtesse du Barry, par Poirier , marchand bijoutier , rue Saint-Honoré.
1768. — 18 nov. Une table à gradins en porcelaine de France, fond vert et cartouches à fleurs, très richement ornée de bronzes dorés d’or moulu, le dessus du tiroir couvert d’uu velours vert et les pièces d’écritoires dorées . 1,440 fr.
1768. — 18 nov. Une pendule à vase et serpent
en bronze doré, moulu, le cadran tournant, le pied d’estale (sic), garni de trois morceaux de porcelaine de France, fond bleu, avec les surfaces en miniature, le dard du serpent fait en marcassite . 912 fr
1769. — 4 oct. Une pendule dorée, d’or de
Germain ; elle représente les trois Grâces qui supportent un vase
dans lequel est un cadran tournant, et dessous est un Amour qui, avec sa flèche, indique l’heure; le tout élevé sur un pied d’estale très bien ciselé et doré comme le reste . 2,400 fr.
20 déc. Un baromètre et thermomètre de Passemant.