CHAPITRE XIII
1769 est l’année de l’installation de madame du Barry à Versailles.
Le bail d’un hôtel, situé rue de l’Orangerie, avait été passé pour elle avec une dame Duru et consorts. — La pièce se trouve aux archives du département à Versailles, carton Q. Inventaire des biens séquestrés, etc. Le fait est donc authentiquement prouvé b On a dit que madame du Barry n’avait établi là que la maison de ses gens. Cependant on voit par les registres des magasins du roi, que le 21 juillet 1770 des travaux ont été faits « dans I’hotel
1. Mais l’acte ne dit pas quelle était cette maison de la dame Duru. M. Le Roi indique le n° 7 actuel, presque en face de la rue du Potager. Nous avons consulté les rôles des Boues et Lanternes , de 1730 à 1780; nous n’avons pas vu y figurer le nom de la dame Duru. Nous avons pris des renseignements auprès du propriétaire de la maison, M. Frédéric Robin, directeur du Mont-de-Piété de Versailles. Il a examiné ses anciens titres et n’a pas trouvé la dame Duru parmi les anciens propriétaires. Reste l’indication de M. Le Roi, nous l'acceptons, seulement elle est dénuée de preuves, et nous n’imaginons pas par quel moyen on a pu découvrir cette adresse.
de madame du Barry, rue de l’Orangerie » et même en avril 1774.
A la même époque (12 décembre 1768), des nouvelles à la main, rapportées par les Anecdotes 1 plaçaient la demeure de madame du Barry dans le logement du sieur Le Bel, ce logement est marqué dans l’architecture française de Blondel (1752-1756) au rez-de-chaussée, dans l’aile du nord entre la cour de la Chapelle et la cour dite proprement la cour du Château , c’est-à-dire celle qui suivait la cour de marbre et précédait la cour des ministres. La légende du plan porte ces mots : Logement de M. Le Bel, concierge du château marqué G. Cette version a pour elle l’autorité de M. de Choiseul 1 2.
Nous savons que Le Bel était mort dès le 17 août de la même année 1768. Le logement avait pu être vacant; mais la charge de premier valet de chambre avait dû être remplie immédiatement par l’officier désigné comme étant en survivance c’était un sieur Claude- Christophe Lorimier de Chamilly 3. Est-il croyable que le roi ait été reléguer une maîtrese dans tout l’éclat de sa faveur au fond d’une loge ?
Bientôt, à en croire l’auteur des Anecdotes , le roi, qui avait tenu madame du Barry éloignée de son appartement et du château l’installa dans l’ancien appartement de madame de Pompadour. Pidansat de Mayrobert semble ici se contredire : à la page précédente, il avait représenté madame du Barry comme occupant le logement de feu Le Bel ; puis il prétend