Belleval, p
2. V. dans la Chesnaye des Bois, le texte de ces arrêts, t. VIII, p. 806 à la note.
« Arrêt en faveur de la dame de Béarn, le 4 juin 1764, en la grand chambre, au rapport de M. l'abbé Terray, en exécution d’un premier qui avait été rendu en 1761 :
« Ordonne, en ce qui concerne ladite rente de 6,600 livres sur la comptablité de Bordeaux, que lesdits de Saluces, Béarn et sa femme demeureront, chacun à leur égard et sous les portions qui leur appartiennent, conservés dans les droits du traité fait en 1660, entre le roi Charles IX et Jean-Louis, marquis de Saluces, et en attendant l’exécution duquel ladite rente a été
de ]a dame de Béarn, devenue veuve en avril 1768.
On voit que l’affaire plutôt administrative que litigieuse était terminée quatre ans avant la présentation et du vivant de M. de Béarn.
Madame de Béarn n’avait donc pas à acheter la protection du roi, puisqu’il n’y avait pas de procès et que le bien fondé de ses droits envers l’Etat, était reconnu depuis longtemps.
C’est ce que déclare expressément l’auteur des anecdotes. (Elle avoit gagné son procès dans l’intervalle.)
Il ne dit pas non plus que cette comtesse de Béarn eut été découverte par du Barry. (C’est de madame d’Alogny et non de madame de Béarn qu’il parle.)
concédée; à l’effet de quoi lesdits de Saluces, Béarn et sa femme pourront se pourvoir conjointement ou séparément, et ainsi qu’ils le jugeront à propos.
« Rente, payable en fonds de terre et, en attendant l’exécution de sa promesse, une pension alimentaire de 6,600 livres de rentes, qui se paye encore aujourd’hui sur la chambre de Bordeaux.
« Angélique-Gabrielle Joumard des Achards, arrière-petitefille et seule représentante de Louis de Lur Saluces, baron de Farguas, avoit eu
« Cinq enfants :
« Jean-Henri, servant dans la marine, présenté en 1765, à cause de l’ancienneté de sa maison, marié avec une riche héritière de Bordeaux;
« Pierre-Louis, chevalier de Malte, cv-devant page de la Chambre du Roi et officier de cavalerie ;
« Angélique-Marie-Gabrielle, veuve du marquis de Pont-Chatrain, frère de M. le comte de Maurepas;
« Marie-Madeleine, admise à Saint-Cyr;
« Louise-Marguerite-Marie-Élisabeth, cy-devant chanoinesse de la Chapelle, mariée le 14 novembre 1776 au colonel O’Kelly,
« Contrat signé du Roi et de la famille royale. »
1. « Dimanche 15 janvier 1769. — Les bruits qui avoient couru au mois de décembre précédent sur la présentation de la com-
Cependant MM. de Goncourt, qui suivent habituellement Pidansat de Mayrobert sans jamais le contredire, s’en sont séparés ici, nous ne savons sur la foi de quelle autorité.
« D’avance, disent-ils, du Barry avoit trouvé à Paris une comtesse de Béarn, fort mal à l’aise, veuve d’un gentilhomme de Périgord, qui lui avoit laissé en mourant cinq enfans et un grand procès à suivre contre la maison de Saluces, »
Nous demanderons où est la preuve de ces assertions? Il n’y en a pas d’indiquée, il n’y en a pas de possible.
Ces deux premières difficultés surmontées non sans peine, divers incidents se présentèrent et firent ajourner la cérémonie convenue.
Le 4 février, le roi étant à la chasse à cheval1, dans la forêt de Saint-Germain en Laye, éprouva une
tesse du Barri, N. M. du R. (sic), et sur la disgrâce du duc de Choiseul, qu’on assuroit devoir en être la suite, se renouvelèrent encore; il passa même pour certain que le Roi venoit d’acheter du prince de Tingri, moïennant la somme de sept cent mille livres, la Principauté de Lutz, pour en revêtir la susdite comtesse et la faire ensuite présenter plus aisément à la Cour comme princesse étrangère, et que la baronne de Montmorency vouloit bien se charger de la présentation. D’un autre côté, on débitoit que le duc de Choiseul, cherchant à s’appuier et à culbuter la comtesse du Barri, faisoit l’impossible pour produire en son lieu et place la femme d’un médecin, nommé Millin, jeune et jolie, mais cependant moins belle que cette comtesse.
1. « 4 février. — En chassant dans la forêt de Saint-Germain, le Roi fit une grande chute de cheval sur le bras droit, le cheval s’étant abattu. La douleur fut si vive, que, dans le premier moment, l’on crut et le Roi dit qu’il avoit le bras cassé... Il se trouva que ce n’étoit qu’une forte contusion, et le roi dut, le lendemain, tenir son Conseil comme à son ordinaire. — Belleval. »
chute assez grave. Soit que sa monture se fut abattue sous lui, soit qu’il eût éprouvé une légère attaque d'apoplexie1? Il tomba sur l’épaule droite, la douleur lui fît croire d’abord que le bras était cassé. On le plaça sur un brancard improvisé à l’aide d’une échelle et de matelas, et on le ramena dans son carrosse à Versailles, où il n’arriva qu’à huit heures du soir. Telle était l’enflure qui s’étendait du haut de l’épaule jusqu’au bout des doigts qu’on fut obligé de couper les habits du blessé. On remarqua alors, qu’il n’y avait pas fracture, mais que cependant il y avait eu une forte contusion, avec un petit dérangement dans l'articulation de lJ humérus2. Le roi n’en assista pas moins le lendemain au conseil d’Etat, et il reçut les cendres de la main de son grand aumônier. Cette démonstration n’empêcha pas que les bruits les plus exagérés