Mémoires inédits de Choiseul, p
Les critiques de M. de Choiseul nous paraissent aussi mal fondées qu’elles sont iniques. Un vieillard de soixante ans, d’une forte corpulence, tombe de cheval en chassant. Ce n’est pas là une chute d’enfant. C’est un accident qui peut avoir sa gravité : il faut examiner. Mais un premier obstacle se présente, une enflure subite se forme et s’étend de l’épaule jusqu’au bout des doigts. On est obligé de couper les habits du patient, et alors on constate un déplacement de l’humérus.
Cependant, dès le lendemain, Louis XV est debout et assiste au conseil des ministres. Où est la pusillanimité? où est l’enfantillage? Un mois après, on craint encore d’être obligé d’ouvrir
Versailles, le 1er mars.
« Le Roi continue de se porter de mieux en mieux, quoiqu’il ne se serve encore de son bras qu’avec peine. Aujourd’hui S. M. a fait usage d’une voiture très légère, dont le marquis de Beringhen son premier écuyer avoit ordonné la construction et dont elle pourra se servir pour courir la chasse. Ce matin S. M. s’est rendue à Saint-Germain et se propose de se trouver à la chasse du cerf.
Gazette du 4 mars à Versailles :
« Sa Majesté se rendit pour la deuxième fois dans sa nouvelle voiture à Saint-Germain où S. M. fut le dernier de la chasse; elle se trouve fort bien de cet exercice et continue de se porter de mieux en mieux. »
Un passage de la Gazette de Hollande explique pourquoi la présentation, différée par l’accident arrivé au roi, n’eut lieu ni en mars ni même dans la première partie du mois d’avril.
Le mois de mars fut rempli par les préparatifs du mariage entre le duc de Chartres et mademoiselle de Penthièvre, lequel fut célébré le 5 avril 1769.
En somme, aucune présentation n’eut lieu avant celle de madame du Barry, et quand elle fut faite, dès le lendemain, la comtesse de Lusignan, la marquise deMontesson, la comtesse de Boisgelin, chanoinesse de Remiremont, et la marquise de Gouffier participèrent au même honneur L
Enfin le jour si longtemps attendu arriva ; madame
l’amas de sang qui s’est formé, et le malade a toujours la fièvre Il y a donc eu là un accident sérieux. Le passage des Mémoires de M. de Choiseul ne prouve qu’une chose, la violence de ses ressentiments contre Louis XV.