‹ Histoire de madame du BarryChapitre 154 sur 304 · Déclaration du 25 février · texte numérisé non relu

Déclaration du 25 février

LE DROIT DE GRACE

pour l’intelligence des faits racontés parles Anecdotes en ces termes 1.

Une jeune fille, d’un endroit appelé Liancourt2, étoit devenue grosse des oeuvres de son curé, qui avoit peu survécu à ce commerce.

Soit honte pour elle-même, soit par égard pour la mémoire de son pasteur, elle n’avoit pas fait la déclaration prescrite par les Ordonnances , et par une suite d’une maladie, que le chagrin et l’inquiétude lui avoient occasionnée, sans doute, elle étoit accouchée d’un enfant mort.

Le fait parvenu à la connoissance des premiers juges, ils avoient condamné cette malheureuse à être pendue, comme réputée coupable de l’avortement, faute d’avoir satisfait à la loi, qui est formelle sur cet article.

La sentence venoit d’être confirmée au Parlement et la prisonnière devoit retourner sur les lieux pour être exécutée.

Un mousquetaire noir, nommé M. de Mandeville, entendit raconter cette histoire dans une maison. Touché de compassion ainsi que les autres convives, il proposa de dresser sur-le-champ un mémoire de cette affaire et d’aller à Marli, où la Cour étoit alors, demander la grâce delà pauvre innocente.

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