Les Environs de Paris, vol. I, p
LA COUR A COMPÏÈGNE.
Prud’homme va jusqu’à dix millions1, et les biographes de nos jours ne parlent plus que de deux milliards. Avant de discuter ces chiffres plus faux les uns que les autres, il est bon de donner quelques détails sur l’historique, la consistance, la contenance du domaine de Louveciennes.
En 1700, Louveciennes2 ne faisait pas encore partie du domaine royal. A cette époque Louis XIV désira acquérir « cette seigneurie ainsi que les fiefs en relevant situez proche ses parcs de Versailles et de Marly, d’où dépendoient plusieurs héritages employez dans les travaux du dict Marly. » Il fit proposer au marquis de Beringhen, qui était le seigneur haut justicier « d’en accommoder S. M. Cette proposition ayant été acceptée pour le sieur Beringhen avec le respect et la soubmission dueue aux ordres du Roy , un arrêt du 23 juillet 1700 ordonna l’évaluation par expertise de Louveciennes et de la Ghâtellenie-de-Tournan en Brie, cédée par le roi encontre-échange. Le prix deTournan fut fixé à soixante-unz mil quinze livres sur le pied du denier trente, et le prix de Louveciennes, à soixante mil deux cent trente livres. C’est à ces conditions