L. Répertoire des Femmes célèbres, v° du Barry
2. « Je crois que Louveciennes est le lieu désigné dans un fort ancien document (Les Gesta Abbatum Fontenellensium, de 840 environ) sous le nom de Novitianæ, qui a dû faire en français Nouvecie?i?ies, puis Louveciennes, par dissimilation de l'?i; comme Luternay, commune de Bouvancourt (Marne), au dixième siècle, s’appelait Nocturniacum , d'où Nuternay, puis, par dissimilation, Luternay. » (Note de M. Longnon).
« On disait Luciennes par abréviation.
« Louvecienne, dans Liste de France, diocèse, parlement, intendance et élection de Paris. On y compte 124 feux. Cette paroisse est située à quelque distance de la rive gauche de la Seine, joignant le parc de Marly. » — Expilly .
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que le roi réunit à son domaine de Versailles, les terre et seigneurie de Louveciennes, la Tour quarrée, Maubuisson et autres fiefs dépendans de ladite terre, avec droit de haute, moyenne et de basse justice... Il en profita pour faire élever une habitation destinée au constructeur de la machine de Marly, non loin de l’aqueduc qui conduit l’eau de la Seine à Versailles. Elle est désignée dans les plans sous le nom de maison à M. de Ville. C’était le gentilhomme de Liège qui était venu avec Rennequin Swalem importer la célèbre machine hydraulique en France. La maison de l’ingénieur en chef était située à quelques mètres des tuyaux, à la hauteur du second puisard, du côté du levant ; à l’opposite était la maison de Rennequin1. »
Plus tard et probablement après le départ de M. le baron Arnold Deville qui se retira en Hollande en 1708 et mourut en 1722, cette construction devint un petit château et fut accordée viagèrement par le roi à mademoiselle de Clermont. Marie-Anne de Bourbon, appelée mademoiselle de Clermont, était fille de Louis III, prince de Condé et de mademoiselle de Nantes, fille légitimée de Louis XIV et de madame de Montespan, née le 16 octobre 1697, elle s’était mariée en secret à Louis de Melun, duc de Joyeuse et prince d’Epinoy. Elle avait été surintendante de la Maison de la reine. On a dit qu’elle avait été aimée de Montesquieu2. Elle mourut le 11 août 1741.
1. Y. aux Archives nationales O1 1490, Plan de la maison de M. Deville, plan de la maison du contrôleur de la machine et du jardin (carton 1, Y 6354).
2. « Nous avons oublié de parler de la fête que l'on donna, il y a quelques jours, à Luciennes. C’étoit une galanterie à laquelle elle ne s’attendoit point et qui fut faite par sept ou huit, tant hommes que femmes, des personnes qui étoient chez elle. Il y
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(c La reine, dit M. le duc de Luynes dans ses mémoires, demanda le pavillon de Luciennes vacant par la mort de mademoiselle de Clermont (17 août 1741). Le roi voulut d’abord le garder dans le dessein d’en faire usage pendant les voyages de Marly pour des soupers, « parce que l’on trouve que les petits cabinets de Marly sont trop petits et trop étouffés. » Cependant le roi se décida à donner la jouissance de Louveciennes à madame la comtesse de Toulouse, quoiqu’elle ne l’eût pas demandée. La comtesse de Toulouse était Marie-Victoire-Sophie de Noailles, veuve de Louis Pardaillan d’Antin, marquis de Gondrin, remariée à Louis-Alexandre de Bourbon, légitimé de France, comte de Toulouse, duc deDamville, de Penthièvre et de Rambouillet et fils de Louis XIV et de madame de Montespan.
« La vue de Luciennes est charmante, dit M. de Luynes, et la maison fort jolie. » Madame de Toulouse, suivant Narbonne, avait su captiver l’esprit de Louis XV, elle l’avait servi dans ses amours avec madame de Mailly, madame de Vintimille, madame de
avoit une décoration fort jolie, devant laquelle étoit un trône pour mademoiselle de Clermont, où on la conduisit insensiblement. Mademoiselle Lemaure y chanta; Malter y dansa. Ce fut un des actes de l’opéra des Sens que l’on y exécuta; c’est celui de la Vue. L’Amour, en ôtant son bandeau, le donna à mademoiselle de Clermont. A l’occasion de cette fête, on a fait plusieurs vers; c’est une chanson sur l’air...
Sous ce bandeau, laides et belles Alloient de pair.
Les rangs vont bien changer entre elles,
L’Amour voit clair.
On ouvre les yeux tôt ou tard,
L’Amour n’est plus Colin-Maillard.
« (De Luynes, août 1737.) »
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Châteauroüx1... Sans doute Louis XY voulait la garder près de lui et sous sa main.
La reine allait quelquefois dîner au château de Louveciennes2. « Elle se promenoit à pied ou en chaise roulante, elle se rendait ainsi dans une tente que madame de Toulouse avoit fait mettre dans l’endroit d’où l’on découvre la plus belle vue 3, mais l’intérieur était trop exigu. La maison de Luciennes disent encore les mémoires deLuynes, étoit remplie d’autant plus qu il n y a qu’un salon en bas, médiocrement grand et une très petite salle à manger. »
Après la mort de la comtesse de Toulouse arrivée à Paris le 30 septembre 1766, la survivance de Louveciennes, toujours en usufruit, passa à son fils unique le duc de Penthièvre. 11 ne la conserva pas longtemps. Le 31 janvier 17b7, son fils, le prince de Lamballe, s était marié à Marie- Thérèse-Louise de Savoie, princesse de Garignan, vouée elle-même à une fin si horrible. Un an après, le prince de Lamballe, à peine âgé de vingt ans, expirait à Louveciennes, des suites de ses excès, suivant les nouvelles et les pamphlets du temps, ou tout simplement par le vice congénial qui fit périr de bonne heure les cinq autres enfants du duc de Penthièvre.
On lit dans les mémoires de la princesse de Lamballe, par Favrolle, la dame Guénard, vol. Ier, p. 3.
« Le prince expira le 6 mai 1768, à 7 1/2 du matin. M. le duc de Penthièvre ne pouvant supporter la présence d un séjour qui lui rappeloit si vivement la perte qu’il