V. lions clu Roi, 0 mai 1764. Bâtiments
2. Voici quels étaient ses titres : nous en trouvons l’énuméîation dans Bachaumont qui les fait suivre d’une appréciation à sa manière :
« M. Gabriel, ancien contrôleur général des Bâtiments, Jardins, Arts et Manufactures du Roi, ancien inspecteur général des Bâtiments de S. M. et son premier architecte ordinaire, directeur de 1 Académie d’architecture, honoraire, amateur de celle de Peinture et Sculpture, et maître de la garde-robe de Madame, est mort. »
Tous ces titres pompeux n’empêchent pas qu’il ne passe bien apprécié, auprès de la postérité, pour un artiste médiocre et de 1 espèce la plus ordinaire. On en peut juger par sa colonnade de la place de Louis XV, comparée à celle du Louvre. Mémoires secrets. »
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trente-huit mille deux cent soixante-huit livres, huit sous, onze deniers (138,268 fr., 8 sous, 11 deniers)1. A la récapitulation générale sont joints les mémoires de détail, leur ensemble forme un volume in-folio2.
Tel est le château d’habitation de madame du Barry à Louveciennes. Il ne faut pas le confondre avec le pavillon du jardin construit par elle à une autre époque, en vue d’une toute autre destination; il est d’un architecte différent et a coûté des sommes beaucoup plus considérables. Nous nous en occuperons à sa date, pour en donner une description et une évaluation exactes.
Les dispositions principales de l’édifice n’ayant pas changé, on peut encore se rendre compte de cette résidence ; elle se composait par le bas d’une entrée ou vestibule de 18 pieds de longueur sur 20 de largeur — le plafond très élevé est décoré d’une frise, délicatement sculptée représentant des jeux d’enfants. Suit la salle à manger revêtue d’une belle boiserie ancienne, ornementée de tous les attributs de la campagne et de la chasse. Râteaux.et chapeaux de moissonneurs, cors de chasse et cymbales, flèches et carquois, tout indique les plaisirs des champs. Au milieu de l’un des côtés est une magnifique cheminée en marbre.
Le salon est orné dans le même goût. Sa longueur est de 4 toises environ sur 3 ; sa hauteur, de 2 toises 1/2, il est éclairé par deux grandes fenêtres
1. Pour apprécier ces chiffres, il faut les comparer aux prix que coûta Clagny à Louis XIV (2,200,000 livres). Le Régent achète à madame de Parabère pour 1,500,000 livres de porcelaines d’un coup; Crécy, La Celle, Bellevue coûtent à Louis XV pour madame de Pompadour près de 10 millions. V. Campardon, chap. v.
2. Voy. à la Bibl. ncit., départ, des Mss. F. FR., vol. 8159.
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et on y accède par une porte vitrée donnant sur un perron. La boiserie offre les mêmes entre-croisements que la salle à manger, violons et pipeaux, musettes et guitares, phénix et paon, et tout autour une frise de figures de femmes et d’enfants.
Au-dessus régnait au premier l’appartement de madame du Barry exposé au nord et, au midi, celui du roi, plus tard du duc deBrissac.
En suite de l’édifice principal, se prolongeait une galerie assez longue qui a servi d’Orangerie, au bout était la chapelle ; quoi, dira-t-on? une chapelle chez madame du Barry? c’était une profanation ! Il faut songer qu’elle avait une nombreuse suite de parents, d’amis, de domestiques et que, pour tout ce monde, un édifice propre au culte n’était pas inutile. C’était d’ailleurs l’usage à cette époque. On conciliait très bien certaines irrégularités morales avec une observance apparente de la religion. Louis XV signait ses lettres au pape — votre dévot fils, etc. — et l’on sait de quelle nature était cette dévotion. Madame du Barry allait souvent entendre la messe dans sa chapelle — elle y faisait célébrer des baptêmes, des mariages.
Elle a payé jusqu’en 1789 le Récollet qui venait de Saint-Germain dire le service divin au château de Louveciennes et qui ne croyait pas mal faire par là. La chose nous paraît fort extraordinaire, elle était toute simple alors et acceptée par l’usage.
BREVET DE DON DU PAVILLON DE LOUVECIENNES EN FAVEUR DE LA COMTESSE DU BARRY.
Aujourdhuy 24 juillet 1 769 : le Roy étant à Compiègne, voulant donner à la De comtesse du Barry une marque i. 23
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de la bien veillance dont Sa. Majesté l’honnorre lui a accordé et fait Don du Pavillon de LouveLiennes, jardins et dépendances, dont la jouissance avoit précédemment été accordée par Sa Majesté à madame la comtesse de Toulouse et après elle à M. le duc de Penthièvre qui en a donné sa démission pour par la dite comtesse du Barry jouir pendant sa vie du dit pavillon jardins et dépendances, tels qu’ils se poursuivent et comportent conformément au plan déposé à la direction générale des bâtiments de Sa Majesté laquelle mande et ordonne au S. marquis de Marigny, lieutenant général des provinces d’Orléanais et de Beauce, directeur général et ordonnateur de ses bâtiments, jardins, arts et manufactures royales, commandeur de ses ordres de tenir la main à l’exécution du présent Brevet et d’en faire jouir la dite comtesse du Barry et pour assurance de sa volonté Sa Majesté a signé de sa main le présent Brevet et fait contresigner par moi conseiller, secrétaire d’Etat et de ses commandements et finances.
Paris, lundi 23 octobre 1769 :
Le Roi soupa jeudi 19 pour la première fois chez madame du Barry. Les convives étoient mesdames de Mirepoix, de Flavacourt, de L’Hôpital. Les hommes, MM. de Condé, de Lusace, de Soubise, de Richelieu, d'Aiguillon, d’Estissac, de Croissy, de Noailles, de Chauve] in et de Saint-Florentin.
Le mois de juillet ne se termina pas aussi bien qu’il avait commencé ; des nuages s’élevèrent entre madame du Barry et M. le duc de Choiseul ; l’usage de la cour était de faire un voyage à Gompiègne à ce moment de l’année. Un camp de plaisance (sic) avait été formé pour l’éducation du Dauphin et de ses frères. Les troupes composées de 42 bataillons d’infanterie, d’un régiment de cavalerie et d’un corps d’artillerie
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40 pièces de canon, étaient réunies à Verberie, sous le commandement du baron de Wurmser lieutenant général des armées et inspecteur en chef de l’infanterie allemande. Les manœuvres durèrent 3jours,la Gazette de France du 29 juillet 1769 a consacré un supplément au compte rendu détaillé de ces manœuvres, le roi y assistait avec ses trois petitsfils. Mesdames de France étaient présentes. Rien de mieux jusque-là. Mais Louis XV avait eu l’impardonnable faiblesse de faire ou de laisser venir madame du Barry à ce voyage. Du Mouriez arrivait d’Allemagne, il dit avoir vu avec douleur le vieux roi des français, « se dégrader lui-même en se tenant chapeau bas et à pied aux yeux de son armée à côté d’un phaéton magnifique dans lequel était étalée la favorite... 1 » mais la correspondance qui va s’engager entre Louis XV et le duc de Ghoiseul à propos de cet incident 2 ne confirme pas, et elle réfute même le récit de du Mouriez: le scandale aurait été d’une autre nature ainsi qu’il résulte des explications du ministre.
Le roi ouvre l’échange des confidences épistolaires en annonçant à M. de Ghoiseul qu'il veut lui dire tout ce qu’il a sur le cœur, conformément à une promesse antérieure à laquelle il se réfère, il lui adresse trois reproches 3.