Les Classes agricoles , par E. Brelay
instant les traces d’efforts poursuivis dans l’intérêt des populations. Tantôt il s’agit de favoriser l’importation des grains en France l. Tantôt c’est un projet de défrichement général des landes de Bretagne2; puis vient la confection des routes et canaux. Au moment où a commencé le gouvernement de M. d’Aiguillon, il n’existait qu’une seule route de Rennes à Brest; à la fin de son exercice, il en avait fait exécuter 800 lieues.
La session de 1764 est finie. Deux années s’écoulent. M. d’Aiguillon prend un congé qui dure près d’une année. Nul grief n’est possible contre lui. Mais, pendant ce temps, un orage a éclaté entre la cour et le Parlement qui a donné sa démission. Des écrits anonymes injurieux et menaçants sont adressés au roi. M. de la Chalotais soupçonné (à tort) d’en être l’auteur, est tour à tour 'arrêté et relâché. A la fin, le Parlement est rappelé : il reprend ses fonctions triomphant et altéré de vengeance. Mais à qui s’en prendre? Le roi était le seul coupable. On ne pouvait l’atteindre.
Par une manœuvre alors fort usitée, les parlementaires s’attaquent au lieutenant général de la Province. Ils vont plus loin : ils informent contre lui et tel est l’aveuglement de leur rage, qu’ils oublient de dire quel est le délit qu’ils lui reprochent. Ils font entendre cent témoins, on ne sait sur quoi.
M. d’Aiguillon aurait pu se dispenser de répondre. Il s’y résigne cependant. Le Parlement fait brûler ses Mémoires justificatifs par la main du bourreau 3. En présence d’une telle partialité, M. d’Aiguillon