juillet
demande à être jugé par les pairs du royaume, c’està-dire, par le Parlement de Paris formé en Cour criminelle. Le roi accède avec peine à sa demande et annonce qu’il présidera lui-même la Cour de justice.
L’instruction commence : mais la passion parlementaire est la même à Paris qu’à Rennes. Un système de chicane ridicule s’organise. Le roi, dit le Parlement, ne peut pas présider la Cour des pairs. On l’accable de précédents contraires. Ce premier point emporté, succède une autre difficulté. Le Parlement ne veut pas se déranger. Il exige que le roi vienne à Paris. Des voyages à Versailles interrompraient le cours de la justice. Cette prétention est encore écartée. Alors, commencent d’interminables récusations. Tous sont ou soutiennent qu’ils sont les parents des accusés. Louis XV écoute patiemment ces arguties de légistes. Il demande seulement qu’on lui remette la grosse des informations ce qu’on ne peut lui refuser. Alors , la scène change de face. Il s’aperçoit que c’est bien contre lui que le procès est dirigé, que le trône est mis à découvert et que, sous prétexte de frapper d’Aiguillon, c’est lui-même qu’on veut mettre en jugement. Il prend alors un parti violent. II interrompt la procédure, la déclare éteinte et ordonne sur le tout un silence absolu l.
Les motifs n’étaient pas un mystère, ils étaient clairement exposés dans le préambule des lettres patentes adressées au Parlement; le duc d’Aiguillon y était-il . dit, était irréprochable ; les témoins ne déposent que de faits étrangers à la plainte, ils s’en prennent à l’autorité du trône et à la personne des ministres. Sur