juin
tous les points, le Parlement résiste et contredit les lettres patentes. 11 ordonne que le procès soit continué il réitère la défense à M. d’Aiguillon de remplir ses fonctions de pair. La lutte était engagée. Nous allons voir apparaître madame du Barry à laquelle on va faire jouer son rôle ordinaire de bouc d’Israël. M. d’Aiguillon n’avait aucun reproche à se faire. N’ayant commis aucun crime et n’ayant encouru aucune peine, il n’avait pas de grâce à attendre. Les calomniateurs n’y regardent pas de si près. Ils veulent que madame du Barry soit sa bienfaitrice, qu’elle ait obtenu pour lui la grâce de la vie, qu’elle l’ait soustrait à la corde qui, dans aucun cas, n’aurait été applicable à un duc et pair, et sur ce thème accepté avec une incroyable légèreté, ils brodent les pièces qui vont suivre.
Vainement le roi avait-il proclamé à deux reprises l’innocence, l’irréprochabilité du commandant de la Bretagne, on s’empressa de dire que lui faire grâce c’était le reconnaître coupable, qu’on pouvait bien le soustraire au supplice mais non à l’infamie. Cette induction était d’autant plus perfide qu’en réponse à l’arrêt du Parlement de Bordeaux1, qui contestait la prérogative royale en théorie, et particulièrement le droit d’abolition des crimes, le conseil d’Etat avait été amené à discuter aussi théoriquement le privilège qu'avoit le roi de faire grâce, d’abolir les délits et d’effacer jusqu’au souvenir des faits qui pouvaient donner lieu à des procédures criminelles. Une clameur immense s’était élevée et avait couvert la voix du défenseur de M. d’Aiguillon. Chansons, jeux de mots, épigrammes tombèrent sur le duc et, par suite,