CAUSE DE LA CHUTE DE M. DE CHOISEUL
Cette opinion fut reprise par Besenval dans ses Mémoires et par M. de Flassan dans son Histoire de la diplomatie française. L’autorité de ce dernier, paraissait assez grande en sa double qualité d’ancien attaché aux affaires étrangères et d’historiographe de de ce Département. L’un et l’autre, dévoués au parti Ghoiseul, avaient réservé une place émérite à madame du Barry, dans leur récit. Nous avions dû examiner de près leurs assertions et avec l’aide de la correspondance secrète de Louis XV, de Mercy et des mémoires de M. de Gleichen, nous avions pu arriver à une réfutation raisonnée, mais longue et fatigante. Heureusement, l’accès des archives anciennes du ministère des affaires étrangères a été ouvert au public, et à l’aide des dépêches authentiques, que nous avions vainement demandées à l’Espagne, la vérité s’est fait jour : pour la rétablir il nous suffira de quelques lignes au lieu de nombreuses pages.
Depuis le traité d’Utrecht, les Espagnols étaient restés en possession paisible des îles Malouines, situées à 80 lieues du détroit de Magellan, par les 57 et 17 degrés de latitude et de longitude. En 1769, les Anglais conçurent la pensée de s’établir dans ces îles, ils y construisirent un fort. Sur les plaintes des Espagnols, un commandant anglais, nommé Hunt, invoquant le droit de découverte, déclara que si l’Espagne ne se retirait pas de ces îles, il viendrait dans six mois en chasser les troupes de S. M. catholique. L’intendance de Buenos-Ayres, alarmée de ces menaces, envoya trois frégates qui canonnèrent le fort Egmont, et firentprisonniersles Anglais1. Grande émo-