Huerues, liasse 289. A. vol
PIECES JUSTIFICATIVES
comparue dame Jeanne de Vaubernier, épouse de messire Jean (sic) comte de Barry1 demeurante à Paris rue de la Jussienne, paroisse St. Eustache, laquelle nous a rendu plainte contre la femme Etienne, couturière en linge, demeurante à Paris rue de Cléry et dit qu’elle a confié à ladite femme Etienne il y a environ huit jours de la mousseline pour faire divers casaquins et jupons, une pièce de bazin des Indes aussi pour faire des casaquins et jupons et d’autres ouvrages que ladite femme Etienne devait rapporter quelques jours après ; que ce jourd’hui lassée de voir que ladite femme Etienne ne fluissoitpas ce qu’elle avoit à faire pour elle et ayant besoin desdits déshabillés pour aller à la campagne , envoya successivement ses domestiques chez ladite femme Etienne et enfin n’ayant point de réponse satisfaisante elle pria M. le comte de Barry, son parent, officier au régiment du roi de vouloir bien y aller lui-même; que ladite femme Etienne tint toutes sortes mauvais propos audit sieur comte de Barry et refusa formellement de rendre ledit ouvrage sous le prétexte qu’il n’étoit point achevé ; qu’en vain ledit sieur comte de Barry lui offrit de lui payer ledit ouvrage comme s’il étoit parachevé pourvu qu’elle le rendît en état où il étoit, mais cette femme refusa toujours avec la plus grande obstination à rendre ledit ouvrage et poussa l’insolence jusqu’à injurier ledit sieur comte de Barry avec un ton brutal et emporté; qu’enlin ladite dame plaignante, étonnée de ce refus, alla elle-même ce soir chez ladite femme Etienne où ne l’ayant pas trouvée elle s’est adressée à son mari, portier chez M. de Villemorein, demeurant rue de Cléry ; que cet homme dit que ladite femme ne rendroit pas ledit ouvrage qu’il ne fût achevé et sur l’offre
I . Son parent, c’était le fils de Jean du Barry, avec lequel elle vivait. — - Il n’était que vicomte, tant que son père put porter le titre de comte.
Jean Baptiste, fils de Jean du Barry et de Catherine Ursule Dalmas, vicomte du Barry, était second lieutenant dans le régiment du roi infanterie le I 3 octobre 1766. — États de service du ministère de la guerre jusqu’en 1769,
que lui fit ledit sieur comte de Barry, qui accompagnoit la plaignante, de payer comptant tout ce que sa femme exigeroit et ce qui lui seroit légitimement dû, ledit portier répondit insolemment qu’ils pouvoient s’aller promener et poussa la brutalité jusqu’à aller chercher une fourche dont il menaça ledit sieur comte de Barry. Et comme tous ces excès et insolences méritent l’animadversion de la justice et qu’il est peut-être unique qu’une ouvrière refuse sans aucun motif de rendre et remettre l’ouvrage qu’on lui avoit confié, surtout quand on offre de la payer ladite plaignante s’est retirée par devant nous pour nous rendre la présente plainte.
Signé: de Vaubernier du Barry; Hugues (liasse 289. CommrB Hugues).