‹ Histoire de madame du BarryChapitre 301 sur 304 · FAIT CONCERNANT DORÉ, CI- DEYVANT PROCUREUR AU PARLEMENT · texte numérisé non relu

FAIT CONCERNANT DORÉ, CI- DEYVANT PROCUREUR AU PARLEMENT

(partie du quatrième fait de la plainte)

Un des faits portés par les informations de Bretagne, et qui fait partie du quatrième fait de la plainte de M. le

1 . Ceci n’est qu’une conjecture de M. de Choiseul. Elle est démentie par un fait que madame du Hausset rapporte en ces termes : « Beaucoup de per-

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procureur général, est qu'on avoit promis à un procureur la place de syndic de la ville de Rennes, s’il vouloit agraver sa déposition contre M. de la Clialotais ; que n’aïant pas voulu dépôser contre le témoignage de sa conscience, la place avoit été donnée à un autre. Que quelques jours après sa déposition, il avoit vu M. de Flesselles, qui ne lui avoit pas fait si bonne mine qu’à l’ordinaire, et qui lui dit : « — Eh bien ! vous avés fait cette déposition ; est-ce là cette grave déposition que m’avoit annoncé (sic) Audouart, » et ajouta quelques paroles qui lui firent perdre tout espoir de réussir.

Ce procureur, qui se nomme Doré, et qui avoit été entendu au parlement de Bretagne, devant M. Guéry, les 5 et 6 mars 1766, avoit déposé n’avoir jamais eu aucunes sollicitations de rien dire contre la vérité et qu’il ne se le rappelait pas. Entendu à la Cour, il a plus étendu sa déposition, et a déclaré qu’il n’avoit jamais été sollicité par qui que ce soit à rien dire contre la vérité ; qu’il étoit si peu vraisemblable que M. de Flesselles eut pu lui faire la mine de sa déposition qu’il avoit faite dans l’affaire de M. de la Chalotais, que lorsqu’il eut reçu copie de l’assignation, il fut trouver M. de Flesselles, ne connaissant pas M. de Calonne, qui faisoit les fonctions de procureur général de la commission ; qu’il représenta à M. de Flesselles toute la peine que lui causoit et lui causeroit cette assignation, et le tort qu’elle lui feroit dans l’esprit de M. de la Chalotais, avec lequel il avoit toujours bien vécu; que d’ailleurs, n’ayant rien à dire contre lui, il étoit inutile que son nom parut dans cette procédure ; que M. de Flesselles, touché de ses représentations, lui avoit dit de se

sonnes et des femmes, ont eu la barbare curiosité d’assister à l’exécution de Damiens, entre autres madame de P..., femme d’un fermier général et très belle. Elle avoit loué, une croisée ou deux, douze louis, et l’on jouoit dans la chambre en attendant. Cela fut raconté au roi, et il mit les deux mains sur ses yeux, en disant : « Fi! la vilaine ! » (P. 165.)

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trouver à trois heures chez M. le premier président de la commission, où ils dinoient tous ; que là il lui feroit parler à M. de Calonne ; que s’y étant rendu et aiant fait avertir M. 'de Flesselles, M. de Flesselles vint le trouver dans une salle, accompagné de M. de Calonne, auquel, lui déposant, répéta la même sollicitation qu’à M. de Flesselles, en le priant de vouloir bien retirer par grâce son assignation ; que M. de Flesselles eut la bonté de dire à M. de Calonne qu’il ne falloit pas refuser d’obliger un honnête citoïen; mais que M. de Calonne s’y étoit refusé, en disant que l’assignation tiendroit, et que si lui, Doré, n’avoit rien à dire, il ne diroit rien ; que, par conséquent, il n’étoit pas possible de soupçonner après cette démarche pleine de bonté de la part de M. de Flesselles, que M. de Flesselles eut pu lui faire la mine de la foiblesse de sa déposition ; qu’il étoit bien vrai que quelque temps après la déposition de lui, Doré, en aïant reçu dans le public différens reproches, il fut voir M. de Flesselles, auquel il lui en fit part ; que M. de Flesselles lui avoit répondu qu’il étoit bon de s’affecter de la sorte; que sa déposition ne disoit rien qui put faire tort à M. de la Chalotais ; qu’il ne pourroit lui en savoir mauvais gré ; qu’au surplus, aïant dit toute la vérité, c’étoit tout ce qui pouvoit occuper un honnête homme.

Ce Doré ajoute que jamais Audouart ne lui fait aucune proposition, sous prétextes de charges, places ou autres grâces; qu’il étoit bien vrai qu’informé que le Roy devoit nommer à la place d’un procureur du Roy, syndic de la ville, il avoit employé tous ses amis auprès de M. de Fies selles pour obtenir sa protection à ce sujet; et quelque tems « après sa déposition, » Audouart vint le trouver, un soir, et lui annoncer qu’il étoit procureur du Roy, syndic de la ville ; que le lendemain, il fut détrompé ; ce qui lui fit croire qu’Audouard avoit voulu se joüer de lui, pourquoi il cessa de le voir pendant très longtemps; qu’il

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a appris, dans la suite, qu’Audouard avoit été trompé lui même, puisque la place avoit été donnée quelque tems après à un autre.

Telle est la teneur de la déposition la plus grave recueillie contre M. d’Aiguillon. Nous ne l’avons pas choisie, c’est M. le procureur général Joly de Fleury qui l’avait mise à part dans ses papiers, dont la collection existe au cabinet des manuscrits. (Bibl. nat., 1770. I, 2080.)

Ceux de nos lecteurs qui ne voudront pas nous en croire sur parole pourront lire les soixante-douze autres déposions conservées à. la Bibliothèque de l’Arsenal ( Papiers de M. de Fontette. — Affaire de Bretagne).

La déclaration de Doré est substantielle , claire et concluante. Le surplus des témoignages sont creux, inintelligibles, ridicules, ou plutôt ce sont de véritables bavardages de commères, indignes de figurer dans une afiaire sérieuse. Le nom de M. d’Aiguillon n’y est même pas prononcé. Tout se réduit à des griefs plus ou moins imaginaires contre Audouart. C’est ce que M. le duc de la Rochefoucaud appelle les horreurs d’un procès criminel, et que nous appellerons, nous, les horreurs de la justice des parlements, ou, si l’on veut, de la calomnie de tous les temps.

La pièce ci-dessus en est la preuve. Si l’on veut la multiplier, on peut le faire facilement en se reportant aux sources que nous avons indiquées.

FIN DES PIÈCES JUSTIFICATIVES

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