‹ Histoire de madame du BarryChapitre 31 sur 304 · Facture de Blaisot, libraire. Archives de Scine-et-Oise · texte numérisé non relu

Facture de Blaisot, libraire. Archives de Scine-et-Oise

tés dans les mémoires du duc de Choiseul1. Son langage est bien plutôt celui d’une esclave docile que de la maîtresse altière d’un roi, d’une ennemie vaincue que d’une adversaire triomphante, comme elle l’était alors. Comparez son attitude avec le maintien de madame de Pompadour donnant une audience au président de Maynières 2.

2° La conduite de madame du Barry en présence de la lettre de cachet qui l’envoie au Pont-aux-Dames. Le duc de Deux-Ponts lui offrait un asile à sa cour, Jean du Barry lui donnait l’exemple de la fuite, elle avait la possibilité et le droit de se soustraire à une captivité humiliante, imméritée, elle l’accepta volontairement et se soumit aux ordres du roi, sans faire entendre une plainte.

3° Le passage d’une de ses lettres, « Mon cœur souffre... Mais avec beaucoup d 'attention et de courage, je parviendrai à le dompter. L’ouvrage est pénible et douloureux; mais il est nécessaire. C’est le dernier sacrifice qu'il me reste à lui faire. Mon cœur lui a fait tous les autres. C’est à ma raison de faire celui-cy. » On croirait ces lignes d’une La Yallière repentie si on ne savait qu’il s’agit d’un amour fort charnel. L’expression seule a conservé une teinte presque monastique.

Le séjour de Jeanne Bécu chez les dames Augustines de Sainte-Aure, n’est pas une période indifférente de sa vie. Elle y reçut une empreinte qui ne se perdit jamais entièrement et qui reparut aux moments où elle semblait le plus effacée.

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