Anecdotes, p. 16, édit
une friseusepour femme, sorte de profession alors usitée1, avait échoué : mais les leçons de coiffure qu’elle avait prises pendant cinq mois, pouvaient très bien être utilisées pour une place de femme de chambre, cette condition était d’accord avec les précédents de la famille, les Bécu, les Rançon, tous domestiques. Jeanne entra au service de madame de la Garde, veuve d’un fermier général, les souvenirs de mademoiselle de la Neuville étaient très précis sur ce point : elle nous en a souvent parlé. Malheureusement elle ne nous a donné aucun autre détail. Comment la jeune fille fut-elle introduite dans cette opulente maison ? Pidansat de Mayrobert n’imagine rien de mieux qu’une fable obscène et ridicule2, à la suite, il met en avant l’abbé Gomart (sic) qu’il métamorphose en oncle de Jeanne Bécu et qu’il donne pour le chapelain de la Cour-Neuve, villa de madame de la Garde 3 ; c’est ainsi qu’elle est présentée et admise chez sa nouvelle maîtresse.
Nous avons eu entre les mains tous les papiers de la famille de la Garde, nous possédons une correspondance assez considérable échangée entre M. d’Ormesson, maître des requêtes et un sieur Quetau, précepteur des enfants de la Garde, nous n’avons trouvé aucune trace de Gomard; on lit sous la cote 96, article 59 de l’inventaire qu’il a été payé 500 livres, au sieur Duchesne , prêtre aumônier de la feue dame de la Garde, le nom de Gomard ne figure nulle
1. « On dit même qu’elle était coeffeuse, qu’elle avait été dans une boutique contre le Palais. » (Barbier, janvier 1750, Histoire singulière d'une jeune fille.)