Journal de Barbier, V
JEAN DU BARRY
Adolphe du Barry, avait été page de la chambre du roi, avant 1765, pour avoir droit à ce titre, des preuves étaient également nécessaires \ tout cela, longues années avant la faveur de madame du Barry et par conséquent sans qu’elle pût exercer aucune influence sur ces admissions.
De là, cette conclusion que les du Barry, auxquels Jeanne Bécu va s’allier, étaient de la grande famille historique, remontant à 1400 et au delà1 2.
Les armoiries étaient les mêmes. I>’or ou d’argent à trois jumelles, c’est-à-dire à barres redoublées, il y avait là presque des armes parlantes : un écu barré.
Nous aurons au reste à revenir plusieurs fois et à divers point de vue sur la noblesse des du Barry.
Nous devons dire toutefois et dès maintenant que les du Barry, quoique nobles anciens, n’étaient pas titrés, on verra bientôt les conséquences que nous aurons à tirer de cette constatation.
Jean du Barry, le fils aîné de la famille, était né à Lévignac le 2 septembre 1723. Il ne porta pas les armes et se destina à la carrière diplomatique, c’était
1. Ordonnance de 1777. — Conditions pour l’instruction des cadets établis dans l’École militaire, etc. — Gazette de France, 1778, p. 73.
2. De Londres, le 13 août 1773. — Les nouvelles d’Irlande portent que Richard Barry, comte de Barry-More, vicomte Beutevant, baron Barry de Barry’s-Court, Olethan, Hawne, Capitaine du 9“ régiment de dragons, est mort d’une fièvre violente à la maison de campagne de lord Willers... Il était né au mois d'octobre 1745. Il avait succédé à son père James, le cinquième comte de ce nom, en décembre 1751. Le 16 avril 1767, il avait épousé lady Amélie Stanhope, troisième fille de Guillaume, comte de Harrington. ( Gazette de France du 30 août 1773.)
JEAN DU BARRY
un homme de moyens remarquables, il était fort spirituel au témoignage du prince de Ligne, bon garant en pareille matière. Il avait épousé le 8 décembre 1748, par conséquent à l’âge de 25 ans, Catherine Ursule Dalmas de Vernongrèse , belle et honnête personne qui ne trempa jamais dans les hontes de son mari. En 1750, Jean quitta sa femme avec laquelle il n’avait demeuré que bien peu de temps à Toulouse et il vint à Paris. Ses mobiles auraient été l’attrait du plaisir et l’étude des beaux arts. Il aurait été introduit, toujours suivant lui, auprès des princes et dans la meilleure Compagnie, par une dame de Malause b Peut-être même le besoin d’améliorer sa fortune et son goût naturel lui inspirèrent l’idée d’entrer dans la diplomatie il le dit lui-même. L’auteur des Anecdotes était donc bien informé quand il le représente, affectant de s’attacher à la politique, d’étudier les intérêts des princes du nord et d’être au fait de ce qu’on appelle les affaires étrangères 1 2.
Quatre années s’écoulent, il asu se concilier la protection du duc de Duras, qui le recommande à M. Rouillé, alors secrétaire d’Etat au département des affaires étrangères. Celui-ci l’envoie voyager dans les cours d’Allemagne. Il allait être employé dans les cercles de Franconie, lorsque M. Rouillé fut remplacé au ministère par l’abbé de Bernis 3. Ce galant prélat aurait
1. Il y avait une branche de Bourbons qui portait ce nom. (V. Dussieux, Généalogie de Bourbon, p. 69.) Ces Bourbons prennent le titre de comte, de marquis de La Caze, et Jean avait pour mère une de La Caze? Y avait-t-il alliance? Il n’en dit rien.