‹ Histoire de madame du BarryChapitre 57 sur 304 · février · texte numérisé non relu

février

JEAN -DU BARRY

accueilli favorablement le solliciteur qui devait lui aussi parcourir la carrière de la diplomatie d’alcôve, il lui fit concevoir beaucoup d’espérances; mais il tombait du ministère avant d’avoir pu les réaliser, et il avait pour successeur le duc de Ghoiseul 1. Le duc allait donc se trouver une première fois en face de Jean du Barry. M. de Besenval nous apprend que le duc de Ghoiseul, portait dans ses refus de la sécheresse et de la dureté, c’est ce qui eut lieu ici : il déclara sans détour à Jean du Barry qu’il avait plusieurs personnes à placer avant lui et celui-ci, comprenant ce langage, se retira. Il eut recours alors à d'autres expédients. M. Berryer, ministre de la marine, M. de Belle-Isle, ministre delà guerre, lui donnèrent accès dans les fournitures des flottes et des armées, sa fortune ébranlée par plusieurs années de séjour à Paris, se releva; à la paix, en 1762-1763, elle était considérable, s’il faut l’en croire. Elle s’accrut encore par l’intérêt qu’il obtint dans les vivres de Corse, probablement par la protection de M. le duc de Duras, premier gentilhomme de la chambre, connu par sa serviabilité excessive 2.

Voici le portrait de Jean du Barry, tracé de la main d’un adversaire qui paraît l’avoir bien connu : « Ses qualités distinctives pour se pousser dans le monde, étoient une physionomie fine, un accent gascon, et des reparties heureuses; talents auxquels il joignoitle plumet blanc et les talons rouges. Il faisoit d’assez mauvais vers ; mais si sa verve n’était pas féconde, il avait en revanche une imagination vive pour cette

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