Rochambeau, Mémoires , I, p
2. Madame Roland a tracé, dans ses Mémoires, un tableau curieux, qui nous fait bien comprendre ce qui a dû se passer pour mademoiselle Vaubernier.
« Nous fîmes un voyage à Versailles. Ce voyage n’avait d’autre but que de me montrer la cour, le lieu qu’elle habitait, et de s’amuser de ce spectacle. Nous logeâmes dans le château. Madâihe Legrand, femme de la dauphine, nous prêta son appartement.
Les petits et les grands couverts de toute la famille séparée ou réunie, les messes, les promenades, le jeu, les présentations, nous eurent pour spectateurs durant huit jours. Les connaissances de madame Legrand nous procuraient des facilités. » (2e partie, 1er vol. Édit. Berville et Barrière, p. 87.)
lie
ORIGINE DE LA LIAISON
traite directement avec la demoiselle Vaubernier qu’il ne connaissait pas davantage.
Ce récit est entièrement conforme à ce que l’on sait des habitudes et des mœurs de Louis XV. « Le roi, dit d’Argenson l, donne dans les passades ; il jette le mouchoir à de jeunes filles ou femmes qu’il aperçoit à la messe ou au grand couvert. Bachelier, son vieux premier ministre, les lui administre ensuite, puis il cite, il nomme même mademoiselle Niquet, la fdle d’un président de Montpellier, qui vient de sauter le pas [sic) et est encore à Versailles, visant à être maîtresse déclarée 2. C’est ainsi que Louis XV avait jeté le mouchoir à la bouchère de Versailles 8, à la jardinière de Ghoisy4. Il n’avait pas procédé autrement pour mademoiselle Tiercelin qu’il rencontra dans les Tuileries, et madame d’Étioles, elle-même, n’avait été remarquée qu’au moment où elle était venue à Versailles, solliciter une place de fermier général5, pour un de ses parents.
1. D’Argenson, 13 février 1753. — « Le roi donne dans les passades : il jette le mouchoir à de jeunes filles ou femmes qu'il aperçoit à la messe ou au grand couvert. Bachelier, son vieux premier ministre, les lui administre. Une jeune beauté de Montpellier, fille de la présidente Nicquet, que je connois, vient de sauter le pas et est encore à Versailles : elle vise à être maîtresse déclarée { c’était alors un titre connu et défini)*.