Barbier et d'Argenson
5. {Mémoires du duc dcLuynes , 22 avril 1745.) Les discours que
* Cette assertion est confirmée par les registres des Bons du roi. On y trouve souvent des allocations au président Nicquet. Le 14 octobre 1770, il demande une gratification annuelle de 1 0,000 livres; elle lui est accordée. Peu de temps après, il demande encore 20,000 livres pour se meubler, et il les obtient. 11 est facile de comprendre quelle était la cause de ces libéralités.
Ces précédents fortifient les déclarations de Jean du Barry qui se trouvent fortuitement d’accord avec la version de madame Sarah Goudar, laquelle parlait, disait-elle, de bonne, 'part. Ces mots ne désigneraientils pas madame du Barry elle-même, qui a certainement inspiré l’auteur de la réfutation des Anecdotes1 ? On aurait ainsi les autorités les plus certaines et les mieux concordantes sur un point qui paraissait aussi obscur que peu susceptible d’être éclairci, Jeanne Yaubernier, Jean du Barry et M. de Ghoiseul, en l’absence des mémoires de Le Bel, qui n’a pas écrit, on ne peut exiger davantage.
Le Bel n’a donc point eu en cette circonstance, l’initiative que lui ont attribuée les écrivains modernes; bien plus, d’après un récit que M. de Choiseul a attribué à M. de Saint-Florentin, Le Bel avait soumis des représentations au roi pour l’empêcher de faire venir madame du Barry à Versailles et à Compiègne. Il ajoute en son nom que bientôt après, Le Bel étant mort subitement dans cette dernière ville (17 août 1768), il courut quelques soupçons, selon lui .
l’on tient sur madame d’Étioles, parente de Binet et son amie, pourraient faire juger que Binet aurait un crédit assez considérable; il prétend que ces discours sont bien injustes. 11 disoit, il y a environ un mois, à madame de Luynes, que les calomnies répandues sur madame d’Etioles étoient affreuses et qu’elles n'avoient pas le plus léger fondement; il ajoute pour preuve que madame d’Etioles, qui n’étoit venue ici que pour solliciter une place de fermier général , et qui l’a obtenue, ne reparaîtrait plus à la cour. Il est cependant très certain qu’elle a reparu depuis à la Comédie »
1. Remarques sur les Anecdotes , etc Londres, MDCLXXVII, c. I, p. 4. Ceux qui connaissent personnellement cette belle dame m’ont assuré qu'outre la figure la plus charmante, elle a des qualités qui la rendent estimable.
ORIGINE DE LA LIAISON
assez bien fondés, sur ce décès, parce qu’on savait que Le Bel s’était opposé à l’ensorcellement du roi par cette fille L »
C’est évidemment l’exagération de la haine qui parle ici. Mais il nous paraît fort possible que Le Bel ne fût pas très porté pour Jeanne Vaubernier. On sait par les Mémoires de madame de Hausset à quel point il était l’homme, disons mieux, le complice de madame de Pompadour et conséquemment de M. de Ghoiseul ; fidèle à ce premier patronage, Le Bel a très bien pu regarder la nouvelle venue d’un mauvais œil et même lui devenir ouvertement hostile lorsque son crédit sembla s’affermir ; ce qui n'aurait pas eu lieu s’il avait été l’auteur primitif et principal de la bonne fortune de la favorite. Le seul rôle qu’il ait joué en cette circonstance est celui d’un agent subalterne et soumis à la volonté souveraine de son maître 2.