‹ Histoire de madame du BarryChapitre 95 sur 304 · V. Dictionnaire des postes · texte numérisé non relu

V. Dictionnaire des postes

ORIGINE DE LA LIAISON

que le nom se trouve écrit dans des mémoires que Rançon adressait à l’administration du district de Versailles, en l’an III 1.

Madame du Barry allait donc paraître à la cour sous les plus fâcheux auspices, un passé compromettant, une complicité quasi criminelle avec des faussaires, une usurpation de titre flagrante et l’affiliation à une famille aussi avide qu’avilie, qui ne se séparerait plus d’elle et ne fut pas une des moindres causes de la vive répulsion qu'elle rencontra.

A la tête du parti qui se forme contre elle se trouve le duc de Clioiseul. Cette lutte va être toute l’histoire de madame du Barry jusqu'en 1774, et quoiqu’elle n’ait pas été la cause déterminante de la chute de ce ministre, il faut présenter un tableau exact des phases de cette guerre, en commençant par le principal personnage qui y prit part.

M. de Choiseul se faisait de ses capacités l’idée la plus avantageuse : il se posait en homme de génie. Nous ne voulons ni contester ni confirmer cette réputation qui s’était établie autour de lui, et dont le culte était professé par ses partisans avec fanatisme comme une religion. Il nous suffit de dire qu’il avait incontestablement de grands côtés dans le caractère et qu’il a laissé des actes méritoires.

Il portait haut le nom de la France. Forcé de signer le désastreux traité de 1763 après une guerre qui n’était pas son œuvre, il prépare sans perdre de temps la restauration de la marine, trop négligée par le cardinal Fleury, et c’est grâce à sa prévoyance que nous fûmes en mesure, quinze ans plus tard,

1. Archives du département de Seine-et-Oise, carton Q, n° 256.

d’aider les colonies d’Amérique à secouer le joug de l'Angleterre.

Il reconstitue l’armée ;

Il fait d’importantes économies dans le budget ;

Il conquiert ou acquiert l’île de Corse, Avignon et le Comtal;

Il signe les traités de la quadruple alliance ;

Il met un terme à la longue et oppressive domina tion des Jésuites.

En présence de tels résultats, il serait puéril de mettre ses torts en balance avec ses services. Il faut constater toutefois qu’en 1768 il était parvenu à l’apogée de sa puissance et aussi, malheureusement, de l’orgueil précurseur d’une chute.

Il cumulait à lui seul trois ministères : les affaires étrangères, la guerre et la marine1.

Il aspirait en outre à être contrôleur général des finances 2.

Il avait la surintendance des postes3, et le secret de la poste, ce qui mettait entre ses mains un pouvoir occulte redoutable.

Il était en outre colonel général des Suisses : commandement qui valait 100,000 livres par an et n’était accordé qu’aux princes du sang.

Il était gouverneur des Invalides, etc... gouver-

1. Son cousin, M. de Praslin, n’étant que son prête-nom. (V. Inf ’., p. .)

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