Lodge, 1751. V. v
2. Armorial manuscrit de la généralité de Toulouse. Bibl. nat. Départ, drs niss.
ORIGINE de la liaison
chef d’or. » Il y a là en réalité des armes parlantes des deux côtés. L’auteur du Royalisme, etc., de Limayrac, atteste aussi que les du Barry de France provenaient d’une branche des du Barry d’Irlande qui étaient venus s’établir chez nous pour fuir les persécutions religieuses des protestants. Quoique que fort ennuyeux, cet ouvrage est assez exact, et l’on peut s’y fier parce qu’il a été écrit d’après les meilleures sources. Enfin les généalogistes, Lodge, Bourque, etc., font remonter l’existence de cette maison jusqu’au onzième siècle. Il paraît donc très vraisemblable sans être absolument démontré que toutes ces tiges aboutissaient à une souche commune. Cependant nous devons dire qu’on ne voit pas apparaître en tout ceci la couronne, les loups ni le m'desBarry- More, honorable pour une race guerrière et qui allait prêter à une allusion cynique par une mésalliance avec une femme galante. N’importe, nos du Barry, Jean et Guillaume, s’emparent sans façon de ces nobles armoiries, sauf à en faire litière et à les transformer en enseigne de bas étage. Puis à l’écu de l’époux, il faut accoler celui de l’épouse et il se trouve un héraldiste pour prêter son ministère à cette parodie. Son nom n’est pas cité : il serait curieux de le découvrir. On saurait si c’est par un excès de bassesse ou par imbécillité qu’il a imaginé les armes fantastiques qui se blasonnent ainsi :
« D’azur au chevron d’or, portant en cime un geai « surmonté de la lettre G1 et de deux roses en pointe,
1. L’emploi de lettres dans le blason n’est pas sans exemple. On en voit dans les armoiries des villes. Limoges porte un M en souvenir de saint Martial, son patron. Mais ce ne sont pas des
« d une main dextre en pal, aussi d’argent. » Les roses, une main, pouvaient être les emblèmes parlants d’une coquette. Mais, était-il possible de provoquer d’une manière plus directe le souvenir d’une fable célèbre qui recevait ici une application justement méritée ? — Le geai paré des plumes du paon ! La présence de ce G majuscule a toutefois une importance. C’est un certificat d’origine, un indice que Gomard était bien le père de Jeanne Bécu, qu’elle en prenait publiquement l’initiale dans une pièce où le nom n’était pas nécessaire. Ce qui indique d’autant plus qu’elle y croyait et se considérait comme fille de ce personnage énigmatique.
Madame du Barry devenant comtesse, le nom de sa mère était un embarras. Bécu ou Rançon sonnaient mai, il fallait changer ces désinences incongrues. On y substitua donc sans plus de façon le titre de M. et madame de Montrabe, d’où et pourquoi cette dénomination retentissante qui jurait avec le passé de l’ancien commis de barrières et de sa femme? On n’a jamais su d’où il provenait, ni par conséquent comment on devait l’orthographier, Montrabe, Montrable, Montrave, Monrapt, etc... Nous émettons à ce sujet une conjecture. Il y avait en Languedoc, à onze lieues N.-E. de Toulouse, une paroisse appelée Montrabe , et c est encore aujourd hui une commune1. Il serait donc possible que Jean du Barry, qui s’était érigé en gouverneur de Lévignac, ait en même temps décerné aux époux Rançon la seigneurie de Montrabé. C’est ainsi
pièces fort honorables (M. Garnier). M. Guigar attribue la confection de ces armoiries à d’Hozier.