V. ses Lettres autographes à lui adressées
2. Les Choiseul n’étaient que marquis. Voici leurs titres et leur blason, d’après d’Hozier :
Maximilien de Ghoiseul, marquis de Meuze, porte : d’azur à une croix d'or, cantonnée de dix-huit billettcs du même, posées cinq à chaque canton du chef et quatre à chaque canton de la pointe. — Province de Lorraine. Mss. de la Bibl. nat.
3. V. Gazette de Hollande, du 6 novembre 1769. « On dit que le duc de Choiseul sera élevé à la dignité de maréchal de France. »
Mémoires de Rocharnbeau, vol. Ier, p. 217.
4. M. de Choiseul a-t-il prononcé cette phrase? L’excès même de l’outrage qu’elle renferme en a fait douter. M. Boutaric m’a dit ne pas y croire, lui qui connaissait si bien l’histoire de ce temps. Et dans un article de M. Paul Mesnard, publié sur l’ouvrage de M. Em. de Broglie : Le fils de Louis XV, Louis, dauphin de France, 1 vol. in-8, Plon, 1877 (V. Débats du 11 mai 1877), on lit :
« On a prêté, sans vraisemblance peut-être, au duc de Choiseul cette insolente parole qu’il aurait eu la hardiesse d’adresser au Dauphin : « Je puis, monseigneur, avoir le malheur d’être votre « sujet, mais je ne serai jamais votre serviteur. »
On n’a rien prêté à M. de Choiseul, c’est lui-même qui s’est , attribué le mot et qui s’en est vanté dans les Mémoires qu’il fit imprimer sous ses yeux, à Chanteloup. Ces Mémoires ne sont pas contestés, ils ont été reconnus implicitement par la famille, qui a déclaré que la publication avait été faite malgré elle. D’ail-
ORIGINE DE LA LIAISON
dans les idées alors reçues, et suivie de cette autre ligne qu’on ne cite pas et qui nous paraît plus extraordinaire, s’il est possible: « J’imaginois que plus foible encore que son père, M. le Dauphin me demanderoit pardon b »
Il n’y a pas de commentaire possible pour une telle phrase. Celui qui l’écrivait était évidemment arrivé à l’infatuation de son crédit, la chute du /fo? Choiseul, comme on l’appelait, du Maire du palais suivant d’autres, était prochaine, marquée.
Un des faibles de M. de Choiseu! était de vouloir intervenir dans les amours du monarque. Parvenu par madame de Pompadour, il prétendait comme elle et avec elle régenter les maîtresses du Roi. La preuve s’en trouve dans sa conduite envers sa propre cousine madame de Choiseul (Romanet), envers madame de Séran, et madame d’Esparbès, de là son mécontentement contre la nouvelle favorite à laquelle le souverain s’était permis de jeter le mouchoir à l’insu et sans l'agrément préalable de son grand vizir !
Son irritation était d’autant plus grande qu’il croyait voir derrière elle Richelieu, d’Aiguillon, La Yauguyon, ses ennemis 2. A ces craintes politiques venait se joindre la répugnance ou la sourde jalousie
leurs, ils sont signés à chaque page du style si reconnaissable de M. de Choiseul.
La phrase est donc bien de l’ancien ministre; mais on peut se demander s’il l’a réellement prononcée. Nous en doutons comme M. Boutaric, comme M. P. Mesnard. 11 aurait été un fanfaron d’insolence et se serait vanté de ce qu’il n’a pas dit. C’est ce que ses Mémoires inédits autorisent à croire. »