‹ Histoire de Manon Lescaut et du chevalier DesgrieuxChapitre 6 sur 22 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Je sais obligé de faire remonter mon lecteur au temps de ma yie où je rencontrai pour la première fois le chevalier des Grieui. Ce fut environ six mois avant mon départ pour l'Espagne. Quoique je sortisse rarement de ma solitude, la complaisance que j'avais pour ma fille m'engageait ggèlquefois à divers petits voyages, que j'^brlgeais'^ autant qu'il, m'était possible.

Je revenais un jour de Rouen, où elle m*avait prié d'aller solliciter une affaire au parlement de Normandie, pour la sÙGcessian'detquelques terres auxquelles je lui avais laissé des prétentions du odté de taon grand-père maternel. Ayant repris mon chemin par Évreux, où je couchai la première nuit^ j'arrivai le lendén^in pojiK^séériàCjg^tssy, qui en est élqfgné de ciùji 6^3i:&:i|eQes.:Je^as stif{)ris, en entrant dans ce bourg, d'yVoir tous les habitants en alarme. Ils se précipitaient de leurs maisons pour courir en foule à la porte d'une mauvaise hôtellerie, devant laquelle étaient deux charriots couverts. Les chevaux qui étaient encore attelés, et qui paraissaient fumants de fatigue et de chaleur, marquaient que ces deux voitures ne faisaient que d'arriver.

Je m'arrêtai un moment pour m'informer d'où venait le tumulte; mais je tirai peu d'éclaircissement d'uc^ populace curieuse, qui ne faisait nulle attention âmes demandes, et qui s'avançait toujours vers rhôteilerie en se poussant avec beaucoup de confusion. Enfin un archer, revêtu d'une bandouiière et le mousquet sur l'épaule, ayant paru à la porte, je lui fis signe de la main de venir à moi. Je

le pmi4em'anNrf»dra;l6Mqet4e ce déNrlie. ^(«e n'est fieo» meiweitr, nedihil; c^est ue devinme defilfesde joie q)ieîoiionéus,ayioxM800MpftgaeM, ^ jusqu'au Hàyfe-do*Gir&ee« où mus les ferons embatfu^pûorrAmMque. Il y en &qud(pies=-Tifie»^ jûlitts, et c'«sl ai^aroMient ce^^ui esdie la onriesilé de ces bons paysans* »

JiJNsraîspasaéapès celle expKoatton, sijen^eusse clé acrèfté par les eadnnuiâoBe d'me vieiUe fettise qiiiaortaitderht^leUerie eojeigoantles nains, et criant (loeie'éfait^me ehnse barbaiet «ne chose qui faisait biMrrear et (X)inf>a8sion. « De quoi e'agit41 donc t lui dis-)e. *« khi monsèenr, entrez, réponditelle, et Toyez sî ce Sf^ectade nTest pas capaMe 4^ fendi^e le coMur. » La curiosité me fit descendre è> mon cheval, qnfd je laissai à mon ipaldfrenier. J'en» trai avae peine, en peivaait la fs«te,et je vis en effet quelque choee d'ossiez touchai.

Pacmi les douze filles qui étaient cnehdnées mx àaixi^ar le milieu du cecps^it y en a?aitame dont Tait et la figure ë^émt si peu ceaformes^ à sa condUion» qu'en tout antoe état je l'eusse priser pour une llciisoAn&dttpi)anuer»nf. 6a4ii8tease4l la saMé

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de 80D lioge et de sea habits Tenlaidissaient si peu; que sa vue m'inspira du respect et de la pitié. Elle tâchait néanmoins de se tourner, autant que sa chaîne pouvait le permettre, pour dérober son visage aux yeux des spectateurs. L'effort qu'elle faisait pour se cacher était si naturel, qu'il paraissait ve* nir d'un sentiment de modestie.

Comme les six gardes qui accompagnaient cette malheureuse bande étaient aussi dans la chambre, je pris le chef en particulier, et je lui demandai quelques lumières sur le sort de cette belle fille. Il ne put m'en donner que de fort générales. Noua l'avons tirée de l'hôpital, me dit-il, par ordre de monsieur le lieutenant général de police. Il n'y a paa d'apparence qu'elle y eût été renfermée pour ses bonnes actions. Je l'ai interrogée plusieurs fois sur la route; elle s*obstine à ne me rien répondre. Mais, quoique je n'aie pas reçu ordre de la ménager plua que les autres, je ne laisse pas d'avoir quetquea égards pour elle, parce qu'il me semble qu'elle vaut un peu mieux que ses compagnes. Voilà un jeune homme, ajouta l'archer, qui pourrait vous instruire giew que moi sur la cause de sa disgrAoe. Il Ta

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mMedepuis Paris, sans cesser presque un moment de pleurer. U* faut que ce soit son frère ou son ajnantr»

Je me tournai vers le coin de la chambre où ce jeune homme était assis. Il paraissait enseveli dans une rêverie profonde. Je n'ai jamais vu de plus vive image de la douleur. Il était mis fort simplement; mai» on distinguait au premier coup d*œil un homme qui avait de la naissance et de Téducation. Je m'approchai de lui. Il se leva, et je découvris dans ses 'yeux, dans sa figure et dans tous ses mouvements, un air si fin et si noble, que je me sentis porté naturellement à lui vouloir du bien. « Que je ne TOUS trouble point, lui dis-je en m'asseyant près de lui. Voulez-vous bien satisfaire la curiosité que j'ai de connaître cette belle personne qui ne me parait point faite pour le triste état où je la vois? »>

n me répondit honnêtement qu'il ne pouvait m'apprendre qui elle était sans se faire connaître luimême, et qu*il avait de fortes raisons pour souhaiter de demeurer inconnu. « Je puis vous dire néanmoins ce que ces misérables n'ignorent point, contiuua-t-il en montrant les archers ; c'est que je

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rakae a? eo «m jMmim Bt irietoite qu'elle me nmA le plus lafortiiié de X0m les Immes. J^^i tota m&« ployé» à Paris, pour obtenir sa liberté. Les sdlieilsk tims, Tadiesee et la Isrce m^M été ioistttés^^; j'ai pris le piarti de l» j^irre^ datrdto alier m bout en monde. Je m^embatcpiaaî aaree dtor. lejunserai a Amérique.

n Biais ce qui est de la damière iidMttaiiité^ ees lâcbes eoquius, ajoiUK*-i) m faclaist destvcfewSr ne Teulenl pas me p^meUre é'af^RNdiicr d'elle. Mon désseiaétaitéeiesftttaq«erM¥«rteiAeit hspmi^ ques lieues de Patis. Jem.^t«ais:a»ocié fuatm bcx» mes qui m'avaieiit pwimB leur êwnn pour tant» somme considérable* I^es traîtres m'ont laissé «eul aux mains, et aenifaaiSB atec meft argent. Lim-' possibiltté de réusairpar ialocce m'a iait mettre te» armes bas^ J'ai pr^osémuK iatchaEs die me pecmet^ tredu mràisde tes suivre, en leur ofl)pant de les réoompeus^r. Le désir du gaki iss y a fait eossen- .tir. Os ont touhi Mve pagres ébaque fois qu'ils m'<mt accordé la liberté de patter à ma maîtresse. Ito* bourse s'est épuisée ent pe» de^ tsnfB ; et mainte^ nant que je ^is^ sats un sdu^. ite ont te b^èaifo de

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