‹ Histoire de Marie StuartChapitre 13 sur 224 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

trouble et sans guen*e entre elle et ses sujets , si ses sujets alléguaient des raisons fondées de leur conduite à son égard, en exigeant toutefois qu'elle rompît toute alliance avec la France, ne fît point valoir ses droits à la couronne d'Angleterre pendant la vie d'Elisabeth , renonçât à la messe et admit la liturgie anglicane en Ecosse ' .

Après deux mois de négociations , Marie Stuart se laissa convaincre et céda. Elle consentit à une conférence dans laquelle ses différends avec ses sujets seraient soumis à des commissaires d'Elisabeth, uniquement afin d'y mettre tm terme sans pouvoir préjudicier en rien à ses droits de reine, à son honneur de femme, à sa qualité d'héritière de la couronne d'Angleterre*. Pendant qu'Elisabeth rassurait par toutes

* Lettre de KnoUys à Cecil du 28 juillet 1568 , dans Anderson , t. IV, part, i , p. 109 à 114.

* Dans une lettre du 28 juillet 1568 à Elisabeth , elle expliquait son changement de résolution à cet égard , par les promesses formelles d'Elisabeth, c Toutesfoyes, sur votre parolle , il n'est rien que je n'entreprisse , car je ne doubtay jamays de votre honneur et royalle fidélitay, ains seray contante , selon que niilord Heris m'a requi de votre part que deus, quelsqu'il vous plaira, viennent, m'asseurant que sçaurez bien choisir g^ens de qualitay pour si importante charge. Cela faict, Mora ou Morton^ ou tous deus , comme prinsipaulx , à qui le soubtien de ceste cause est attribué contre moy, pourront venir comme désirés, pour prendre aveques eulx tel ordre que bon vous semblera ; m'usant moy comme leur royne, selon la promesse de milord Heris en

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ces promesses la reine prisonnière, elle donnait au régent Murray des espérances bien différentes. — « Le bruit s'est répandu en divers endroits de l'Ecosse, lui écrivait-elle, que, quelque chose qui pût arriver en la poursuite de la reine d'Ecosse, quelque preuve qu'on pût acquérir pour la convaincre ou la décharger du meurtre affreux de son défunt mari notre cousin , nous étions déterminée à la remettre en son royaume et gouvernement. Nous en avons été extrêmement indisposée et ne saurions souffrir qu'un pareil bruit prît faveur et s'accréditât. Partant nous avons jugé à propos de vous assurer que ces choses ont été feus* sèment inventées par des gens qui cherchent à nous déshonorer. Car, tandis que d'un côté il nous a été certifié par notre dite sœur, soit par lettres, soit par messages , qu'elle n'était en aucune sorte coupable ou complice de ce meurtre, ce que nous désirons être vrai; si, d'un autre côté, elle se trouvait juridiquement convaincue d'y avoir pris part, comme on nous l'a rapporté d'elle , ce dont nous serions véritablement affligée , alors il nous conviendrait de considérer cette affaire tout autrement, bien loin de

votre nom sans préjudisier à mon honneur, couronne, Estât ou droigt que je puisse avoir comme plus proche de votre sangf. n Labanoff , t. II, p. 140 et 141 , et Haynes, A collée* tion of State papers relating to affairs of tbe reigns of kin§^ Henri YIII , king Edward YI , queen Mxiry and queen Elisabeth , etc. In-fol. Loodon , 1740, p. 46a

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