‹ Histoire de Marie StuartChapitre 12 sur 224 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

lités' contre les partisans de Marie ^ ce qui ne l'empêcha point d'obtenir du parlement assemblé que les plus remuants et les plus habiles d'entre eux , notamment l'archevêque de Saint-André, l'évêque de Ross et lord Claude Hamilton , fussent déclarés coupables de haute trahison *.

Mais comment faire fléchir la résistance de Marie Stuart? Elisabeth, de peur d'une évasion, avait déjà interdit le libre accès auprès de sa royale prisonnière aux Écossais, qui, dans les premiers temps, avaient aisément pénétré jusqu'à elle. Elle songea alors à la mettre dans une impuissance plus gi^ande par un isolement plus complet. Le conseil privé d'Angleterre qu'elle consulta à ce sujet se régla sur ses désirs. Il décida unanimement que la reine Marie devait être éloignée de la frontière et transférée dans l'intériem* du royamne. Il soutint de plus qu'en vertu de l'ancienne supériorité féodale de la couronne d'Angleterre sur la couronne d'Ecosse, supériorité qui avait été plusieurs fois alléguée d'une part, jamais admise de l'autre , la reine Marie pouvait être jugée; que le vœu exprimé par cette reine d'être restaurée sur son trône sans avoir été reconnue innocente, ou d'être laissée libre de se retirer en France sans avoir été jugée, était également con-

* Drury à Cecil, 17 juin 1568, au Stat. Pap. Off.,et dans Tytler, t. VII, p. 230»

« Anderson,t. IV, part, i, p. 125, 126.

traire à l'honneur et à la sûreté d'Elisabeth; mais que, après l'examen de sa cause et sa justification, elle devait êti'e ramenée dans son royaume et rétablie dans son autorité V

Avant tout, il fut résolu de la placer en un lieu plus sûr. Sous le prétexte de la rapprocher d'Elisabeth, sir Georges Bowes vint la prendre le 13 juillet avec une forte escorte, et, malgré ses protestations, il la conduisit de Carlisle à Bolton. Bolton était un château appartenant à lord Scroope dans le comté d'York*. Là se renouvelèrent, avec plus de succès, les tentatives opiniâtres d'Elisabeth pour traduire devant sa juridiction Marie Stuarty'^dont le découragement affaiblit la résistance. Ijord Herries , gagné par de trompeuses assurances , se rendit à Bolton et dit à la reine sa maîtresse qu'Elisabeth voulait examiner son affaire non comme juge , mais comme amie et comme scem», dans l'intention de la remettre sur le trône, même par l'emploi des armes, si elle établissait son innocence, et de tout arranger sans

* « A memoriall of the consultation of the privy council of England touching^ the quene of Scots, jun. 20 1568, » présents le lord garde des sceaux Bacon, le duc de Norfolk, le marquis de Nortfaampton , le lord Stuard comte de Pembroke, le comte d'Arundell, le comte de Bedford, le comte de Leicester> le lord amiral Clinton, le lord chambellan Howard, le secrétaire Ceci! , Mr. Sadler et Mr. Mildmay. Dans Anderson, t. IV, part, i, p. 102 à 106.

2 Labanoff , t. H , p. 138.

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