CHAPITRE X
an de séjour à Tutbury elle fut conduite, vers la fin de décembre 1585 , au château de Chartiey, dans le comté de Stafford, où, mieux établie, elle ne se trouva p$s moins étroitement surveillée.
Mais, si elle ne pouvait pas conspirer, son parti conspira plus que jamais pour elle. Les complots se multiplièrent naturellement au milieu des circonstances extraordinaires où les deux grandes causes du catholicisme et du protestantisme en Europe se disputaient la France, les Pays-Bas, l'Angleterre et l'Ecosse. Les réfugiés anglais , désireux de rentrer dans leur patrie, les prêtres proscrits, destinés à la conquête religieuse de l'île, crurent le moment favorable pour renverser Elisabeth du trône et y placer Marie Stuart. Philippe II, qui les avait tous à sa solde , qui donnait deux mille écus d'or par an au docteur Allen, recteur du séminaire de Reims*, cent écus par mois au comte de Westmoreland *,
Et Tons amys, qui m'avez tenu cbere, Souvenez-vous que sans heur, sans santay. Je ne sçaurois auqun bon œuvre fayre : Sonhalez donc fin de calamitay | Et que sa bas estant assez punie, J'aye ma part eu la joye infinie *.
* Papiers de Simancas, série B, liasse 66, n° 15. ^ Ibid,, série A, liasse 56, n» 56.
* Vers écrits de la propre main de Marie Stuart, tans date, trouvés dans ses papiers peudaut sa captivité , et déposés au State Paper Office , d'oà les a extraits Malcolm Laing, qui les a insérés dans l'appendix de son second vo* lume , p. 245.
286 MARIE BTUART.
alitant à lord P^^get ' quatre-vii^gts écus ^ Cbarl^ Arundel ^ , qui pensionnait anssi CbaFles Paget, ThojpasThrockiïiortpn*, et faisait toi^cber qugr^n^ écus par mois à Mprgan* cJa»8 la Bastille in^m^, encouragea leurs trapies contre Elisabeth , tendis qu'il reprit avec le duc de Guise lancieu projpt d'expédition contre l'Angleterre, Le meurtre de la reine dut se combiner cette fois aypq l'invasion du royaume,
Le premier qui se chargea de le cqnifnpttrP ft»t un catholique anglais, non^n^é John jSavage , lequel avait servi coiun^e officier dm^ l'armée espagnole du prince de Parme ^. Passant par Reims» il y vit ses compati^otcs et ses coreligionnaires du séminaire, et s'entretint de ses services devant le prêtre Hodgson et le docte^r William Gifford. Celui-ci lui insinua qu'il pourrait rendre un service bien plus grand en tuant la reine, Savage mpntra d'abord quelques scrupules, et objecta les difficultés que rencontrerait l'accomplissement d'un pareil dessein. W. Gifford combattit ses scrupulps, en lui disant que la mort d'une princesse hérétique , ennemie de
* Papiers de Simaucas, série A, liasse 56, n° 56. 2 Ihid., série B, liasse 57, n° 309.
* Ibid.j série A, liasse 56, n° 56, et série B, liasse 56,n° 57.
* Ibid., série F, liasse 56, n^ 53, et série A, liasse 56, n*» —.
^ Howell, Complète Collection of State trials ^ t. !•', p. 11 30.
Savage's Confessions,