‹ Histoire de Marie StuartChapitre 134 sur 224 · CHAPITRE X. SI · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. SI

la religion, e3M[:ommuniée par le pape, serait légitime et méritoire , et qu'il ne pourrait rien faire de plue utile à son pays et de plus propre à gagner le ciel, ce que confirmèrent d'autres docteurs du séminaire. Au bout de trois semaines, Savage, persuadé, s'engagea à assassiner la reine; il fut convenu qu'il la frapperait 4^ son poignard qu d(s sa dague, soit lorsqu'elle se ren4rait à sa chapelle , en traversant une galerip dans laquelle se placerait Savage , soit lorsqu'elle se promènerait dans son jardiu? soit en^n lorsqu'elle sortirait accompagnée de ses femmes seules pour aller prendre l'air', Savage, dont la promesse fut cominuuiquée h Charles Pagpt et à ]V$organ, se rendit feu Anglpterr^ afin de la misttre à exécution,

Yers Ip ipême temps, éfciit ourdi un autre com* plot de la mênie nature. JL.e prêtre John Pallard, après avpir parcouru l'Angleterre i^u divers serts, et sous divers déguisements, pendant cinq ou six mnées, y avoir confirmé les catholiques dans leur cpoyance et dans la haine contre Elisabeth , était retourné en France au carême de 158(5*. Il avait eu une confér/ence avec Cb- Paget, Morgan et I^endo^a, sur l'invasion en Angleterre, et sur les moyens de déliwer la reine d'Ecosse. Dans cette conférence,

* HoweU, Complète Collection of State trjak, tSavage^s Confessionsy t. P%p. 1130, M3J[.

^Carte, t. ni,p. 6Q0.

Ch. Paget avait soutenu que l'entreprise ne réussirait pas tant que vivrait Elisabeth ^. Ballard , instruit de l'intention de Savage, retourna donc en Angleterre sous le nom de capitaine Fortscue, pour y chercher comment on pouri'ait atteindre le but auquel, dans ses croyances, et dans ses passions, aspirait le parti catholique. Arrivé à Londres le 22 mai, il y vit, quatre ou cinq jours après, un jeune gentilhomme nommé Antony Babington*, de Dethick, dans le comté de Derby:

Babington était d'tme bonne naissance, avait une fortune considérable, un esprit vif, assez d'instruction, portait beaucoup d'attachement à la religion romaine*, et était étroitement lié avec les jeunes gens les plus brillants de Londres et des comtés*. Quatre années auparavant, Babington avait connu à Paris Th. Morgan, qui l'avait présenté à larchevêque de Glasgow, et il s'était laissé gagner à la cause de la reine d'Ecosse', dont il était devenu le dévoué

* Hardmcke's State Papersy n*» XV. Evidence agavist the Queen ofScots, 1. 1", p. 225, 226.

2 Ibid., p. 226.

3 Camden, t. H, p. 474. — Carte, t. III, p. 600. — Voici ce que Mendoza dit de lui à Philippe II : « Babington, moco muy catolico de grande espiritu y de buena casa. » Papiers de Simancas, aux Arch. nat., série B, liasse 57, n*" 66.

* Discours de Chidîoc Tichbourne avant de mourir, dans Howell, State trials, t. I", p. 1157,

* Eardwlckés State Papers, t. I**, p. 227.

Page 1