‹ Histoire de Marie StuartChapitre 137 sur 224 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

dévouement le plus entier à la cause de Marie Stuart, il s'offrit comme un intermédiaire actif, intelligent et sûr, entre les réfugiés du continent et les catholiques anglais, et il proposa surtout de rétablir la correspondance interrompue de la royale captive et de ses agents à Paris, à Madrid, à Rome, à Bruxelles et à Londres. Il n'eut pas de peine à inspirer de la confiance à Morgan , à Charles Paget et à l'archevêque de Glasgow. Sa jeunesse * et sa religion faisaient croire à sa sincérité, et il était difficile de supposer que sous l'ardente apparence de ce dévouement se cachât la plus horrible des trahisons.

Ses premières relations à Paris avec Morgan et avec Paget commencèrent dans l'été de 1585 *, huit mois avant que la conspiration fût ourdie , et plus d'une année avant qu'elle fût découverte. Dès les mois de juin et de juillet, Morgan parlait de Gifford et de Poley, en écrivant à Marie Stuart, comme de deux serviteurs qu'elle pouvait employer avec sécurité. Gilbert Gifford ne se rendit en Angleterre que vers la fin de décembre '. On devait correspondre avec lui sous les noms supposés

^ u II était fort jeune et n'avait quasi point de barbe, w Labanoff , t. VI, p. 282.

» Ibid.y p. 283.

3 Mémoire de Châteauneuf , dans le t. VI de Labanoff, p. 281.

m MARIE 6TUART.

de PietrOj de Barnabyj de Nicolas Cornelim 'i et, tandis qu'il prenait ces précautions comme pour se soustraire aux recherches du gouvernement anglais, il demeurait chez Phelipps, le chef des employé^ mystérieux de Walsingham ^, Il se présenta che:^ l'ambassadeur de France Chàteauneuf avec des let« très de l'archevêque de Glasgow, de Th, Morgan, de Charles Paget *, et lui dit qu'il était envoyé en Angleterre par les serviteurs de la reine d'Ecosse afin de lui faire parvenir des dépêches secrètes, ce à quoi il réussirait peut-être, le château où cette reine était enfermée se trouvant dans le voisinage de la maison de son père. Il ajouta qu'après l'avoir ainsi informée de ce qui se passait en France, on pourrait rechercher avec elle les moyens de la délivrer de sa captivité. Chàteauneuf le reçut assez froidement, craignant que ce ne fût un espion, et l'engagea, s'il était tel qu'il le prétendait, à prendre garde d'être déçQu-i vçrt et emprisonné *.

Gifford passa tout le mois de janvier à pratiquer le parti catholique à Londres. Il correspondait avec

* La)>anoff, t, VI, p, 282 et pasdmx dans les lettres de Morgan et de la reine Marie, en 1586; et Tytler, t, VIII, p. 295, d'après les Papiers de la reine Marie, aux xas. du State Pap. Off.

« Labanoff, t. VI, p. 282. — 3 Ibid., p. 279.

* Mémoire de Chàteauneuf, dans le U VJ de Labapoff) p. 281, 282.

Page 1