CHAPITRE Vil
présidait le conseil d'York , le dernier était chancelier du duché de Lancaster, membre du conseil privé et depuis longtemps employé dans les affaires les plus importantes et les plus délicates. Tous les trois étaient attachés à la cause protestante et palaissaient dévoués à leur souveraine.
Marie Stuart avait pris cette grave résolution sans consulter Févéque de Ross. Lorsque ce serviteur habile et zélé vint la trouver à Bolton , vers le milieu du mois de septembre (le 18), il lui en exprima ses profonds regrets \ Il fit comprendre à son imprudente souveraine qu'elle ne pouvait pas accuser Murray sans s'exposer à ce que Murray l'accusât à son tour pour se défendre. Il soutint qu'il aurait infiniment mieux valu s'entendre avec lui à l'amiable. Mais Marie était remplie d'espoir. Elle croyait qu'Elisabeth était sincère à son égard et que le duc de Norfolk lui serait favorable*. Lady Scroope, sœur
* The examinacyon of the bishop of Ross , at the toure, the sext of november 1571 , dans Murdin, A Collection of State papers relating to affairs in thereign of queen Elisabeth , etc. In-fol. London , 1759, p. 52.
' « To this the quene replyed, that tfaere was no such danger in the mater as I supposed , for she trusted I wold find the juges favorable , principalie the duke of Norfolke^ who was first in commission , and douted not but the erle Sussex wold be rewled by him, as his tender freind, and sir Rauph Sadler wold not ganestand thair advyses. u Ibid. p. 52.
du duc , lui en avait donné Tassurance ^ Elle avait fait les premières ouvertures du projet mystérieux et fatal qui devait rendre le duc son défenseur pour devenir ensuite son mari '. Marie Stuart se persuadait ainsi que le duc de Norfolk dirigerait^ns peine le comte de Sussex , que sir Ralph Sadler n'oserait pas s'éloigner de leur avis, et que la présence à York du comte de Northumberland et des principaux personnages catholiques de l'Angleterre ® septentrionale exercerait l'action la plus heureuse sur la marche de la conférence et sur son issue.
Elle reçut toutefois un avertissement bien capable de diminuer ses illusions. Lethington, dont ellç avait plusieurs fois dénoncé la complicité dans le meurtre du roi*, conservait au fond pour elle une affection qui se confondait avec son propre intérêt. Il aurait
* Murdîn, A Collection^ etc. In-fol. London, 1759, p. 5â.
^ Par un message du duc à sa sœur, lad y Scroope, Marie Stuart « onderstoude of the dake*s good-will toward her, and the bruict was ellis spread abrod of a mariage betwin the duke and her. » Ibtd,
3 u And besydis this, she lied mon y good frelndis in the cuntrey, that did favor her and steik to her, such as the erle Northumberland and his lady ( be whom she had many intelligences and messages) the Nortaunes, Marcommle and otheris... who wold ail be with the duke at York and wold persuade hi'm to favor her cause. » /6icf., p. 52. ' ^ Lettre de Middlemore du 14 juin à Gectl , dans Ander* son , t. IV, part, i, p. 90.