‹ Histoire de Marie StuartChapitre 16 sur 224 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

voulu empêchier un débat qui pouvait la perdre en la déshonorant, et qui devait l'embarrasser beau^^ coup lui-même. Il s*était procuré une copie des lettres trouvées dans la cassette d'argent que Murray devait porter et dont il devait faire usage à York. 11 envoya ces copies à la reine prisonnière par Robert Melvil. Il chargea en ménie temps Melvil de lui demander de quelle manière elle désii^it qu'il lui montrât son attachement, lorsqu'il assisterait à la conférence *. Marie Stuart, après avoir examiné les lettres, n'en contesta point la réalité^. Elle fit prier Lethington d'arrêter^ autant qu'il le pourrait, les accusations rigoureuses de Murray^, de se concerter ensuite avec l'évéque de Ross qui avait toute sa confiance, et de fortifier le duc de Norfolk dans ses bonnes dispositions pour elle. C'est conformément

* Murdin, p. 52.

* tt Mary, after havfng carefuUy exainined thèse letters, wich were only the translations from the original french into ihe scottish language, sent her answer to Lethington, It is worthy 6f note, tfaat it contained no assertion as to the forgery or interpolation of thèse letters, now, as it appears, communicated to lier for the first time. » Tytler, t. Vil, p. 238.

3 u To this she answered be Robert Melvil , that sjie wisbed hym to stay thèse rigourous accusations, and because he was well acquented with ihe duke of Norfolk, desyred him to travellwith the duke in her favors;and that he wold confer with the bishop of Ross. » Murdin , p. 52 , 53.

à ce désir de Marie Stuart que Lethington se con« duisit bientôt à York. L'habile secrétaire d'Ecosse enti'eprit de renverser le plan de l'astucieuse rane d'Angleterre.

Il fut secondé par le duc de Norfolk que l'ambition fit entrer dans le même dessein. Chef de la famille d'Howard, aussi célèbre par l'éclat de ses malheurs que par celui de ses services, il était l'héritier de sa puissance et devait l'être de son infortune. Plusieurs de ses ancêtres, devenus redoutables à leurs rois, avaient eu une fin tragique. Son grandpère, Thomas, troisième duc de Norfolk, sorti de cette grande maison, était resté à la tête du parti catholique anglais, bien qu'il fût l'oncle de deux des reines passagères que la révolution protestante avait fait monter sur le trône d'Angleterre, d'Anne Boleyn et de Catherine Howard. Dans les derniers temps de son règne, l'ombrageux et tyrannique Henri VIII l'avait jeté en prison avec son fils le comte de Surrey . Le comte de Surrey avait été décapité quelques joui's avant la mort d'Henri VIII. Sauvé de l'échafaud, le vieux duc de Norfolk était resté captif pendant tout le règne d'Edouard VI et n'avait recouvré la liberté qu'à l'avènement de Marie Tudor. Alors, s'associant à la restauration de l'ancienne croyance, se déi^ai^mt pour le mainage de la fille de Catherine d'Aragon avec Philippe II, conseillant Tunion étroite de TAngleten^e et de l'Espagne « il ét;iit p^urvenu au

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