CHAPITRE X
coup 9 que Nau déclara se rapporter au projet de tuer Elisabeth ^ Curie fit des déposition» ^rablables'^ en joutant toutefois que la reiue lui avait enjoint de brûler ^ la copie anglaise des lettres adressées à Babington» auquel il lavait conjurée de ne pas écrire *.
Jlres aveux des deux secrétaires de Marie Stuart et la note écrite de la main de Nau fortifiaient le$ dé^ clarations de Babington et de ses complices. Elisabeth espéra pouvoir mettre par là en accusation la malheureuse reine qu'elle retenait depuis dix^neuf ans prisonnière. Maïs Foserait-elle? Oseraitelle traduire devant le tribunal de ses propres sujets une princesse souveraine, et attenter ainsi à l'inviolabilité royale? Après avoir si odieusement manqué au droit des gens en ravissant à Marie Stuart sa liberté dans un intérêt d'État, manquerait- elle , d'une manière plus grave encore, au droit jusque-là respecté des couronnes, en lui c^nlevant la vie pour mieux pourvoir à sa propre sûreté? Ne reculerait- elle point devant la crainte d'encourir l'indignation de tous les rois, et d'ajouter à la formidable inimitié du puissant monarque que tous les catholiques de l'Europe reconnaissaient pour chef, l'inimitié presque inévitable de ses proches voisins et de ses utiles alliés , le roi de France et le roi
* Hardwicke, p. 235. — » Ibid., p. 237. » Ibid., p. 237 et 250. — * fttrf., p. 250.
ZM MARIE STUART.
d'Ecosse, en punissant de mort la belle-sœur de Fun et la mère de l'autre? Malgré ces raisons et ces craintes, Elisabeth alla jusqu'au bout de son dessein, avec un mélange inouï d'audace et d'hypocrisie. Elle se décida à faire juger, condamner et périr la reine dont elle avait soulevé les sujets , trompé la confiance, repoussé les offres, séduit le fils, à qui elle avait donné le droit de conspirer en s'arrogeant celui de la détenir, et que son ministi*e Walsingham avait attirée dans le piège si perfidement tendu d'un complot trahi d'avance, hors d'état de réussir et ne pouvant que la perdre.