CHAPITRE XL
singham préféra une sentence de justice. Ce dernier avis prévalut. En vertu de quelle loi traduirait-on Marie Stuart devant un tribunal? Le statut de k 25® année d'Edouard III qui puiiissait comme criminels de haute trahison ceux qui avaient comploté contre le roi, provoqué la guerre contre le royaume, et s'étaient entendus avec ses ennenûs , sembla lui être applicable. Mais on aima mieux recourir au statut porté Tannée précédente^ à la suite du fa-* meux acte d'association, statut qui permettait de poursuivre à mort ou de faire condamner à la peine capitale quiconque avait revendiqué la couronne d'Angleterre, ou cherché à l'enlever à la reine Elisabeth, par une invasion étrangère ou par \m com*plot contre sa personne^.
Conformément à ce statut , Marie Stuart fut dé^ férée le 5 octobre 1586 à une haute cour de justice, composée de ce qu'il y avait de plus considérable parmi les grands officiers et les pairs d'Angleterre, de plus important dans les conseils de la couronne, de plus habile chez les grands juges et les hommes de loi du pays. Cette commission, présidée par le chancelier Bromley, était de quai'ante-six membres^, dont la plupart se rendirent au château de Fotheringay, dans le comté de Northampton,
^ Vingt-septième année du règne d'Elisabeth ^ >HoweU,t. I,p. 1163 à 1166.
»/6îU, p. 1166 à 1168.
OÙ devait se jouer le dernier acte de cette longue tragédie. La royale accusée y avait été conduite le 6 octobre par son gardien sir Amyas Paulet, le conseiller privé sir Walter Mildmay et le notaire Barker^ Elle y reçut une lettre d'Elisabeth qui lui reprochait d avoir trempé dans la dernière conspiration ourdie contre son État et contre sa personne , et lui enjoignait de répondre aux charges qui seraient produites, à ce sujet, devant les juges investis des pouvoirs de la loi, sous la protection de laquelle elle avait vécu et aux règles de laquelle elle devait se soumettre *.
Après avoir lu, devant Paulet et devant Mildmay^ cette lettre qui était conçue en termes sévères et impérieux , Marie contint d'abord les sentiments dont elle ét8{it agitée. Elle dit, avec une ironie amère, que sa sœur était mal informée en ce qui la concernait, et elle rappela la multiplicité de ses propres griefe et le mépris qu'on avait fait de ses offres. Trouvant étrange le ton de commandement qu'avait pris à son égard la reine d'Angleterre, qui semblait s'attendre à ce qu'elle répondit à ses juges comme un de ses propres sujets, elle s'écria, la rougeur au front : « Comment! votre maîtresse ne sait donc pas que je suis née reine? et croit-elle que je dé-
*Tytler,t. VIlI,p. 348.
> Ms. State Pap. Off., 5 octobre 1586, — Tytler, t. VIII, p. 348, 349.